Objet du blog

Ce blog présente principalement des articles sur les actualités concernant les religions, la spiritualité protestante, la culture et la langue occitanes, l'actualité personnelle et familiale. On peut aussi s'y trouver quelques billets d'humeur...

Aquel blòg presenta principalament d'articles sus las actualitats pertocant las religions, l'espiritualitat protestanta, la cultura e la lenga occitanas, l'actualitat personala e familiala. Se pòdon trobar qualques mots bilhetas d'umor...

lundi 19 février 2018

Carême protestant - Première conférence


Mobilités dans l'espace et ses limites -  Pasteur Laurent Schlumberger

La mobilité est un maître-mot de notre monde globalisé. Elle semble marquer de son empreinte, de manière toujours plus forte, des aspects toujours plus nombreux de nos existences intimes et collectives. Mobilités géographiques, temporelles, culturelles, existentielles...Et si la mobilité est devenue un maître-mot, c’est qu’elle est d’une certaine manière notre maître, porteur de promesses certes, mais aussi de détresses, qui ont pour nom : précarité, épuisement, perte de repères et de sens…

Au fil de ces 40 jours et de ces six conférences, le pasteur Laurent Schlumberger propose d'explorer, Bible en main, différents aspects de nos mobilités en se demandant notamment : pourquoi toutes ces mobilités ? Pourquoi deviennent-elles aujourd’hui un trait central de notre économie, de notre imaginaire, de notre existence ? Que cherchons-nous ainsi ? Sommes-nous en quête de quelque chose ? De quelqu’un ? De nous-mêmes ?



dimanche 18 février 2018

Prédication du 18 février, premier dimanche de Carême. Marc 1, 12-15




18 Février 2018, 18:26pm
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Publié par egliseprotestanteunienarbonne@gmail.com

Voici ma prédication  lors du culte du premier dimanche de Carême au temple réformé de Narbonne, le 18 février 2018.


 Marc  1, 12-15

Chers amis,
Dans la courte péricope de Marc que nous venons de lire voilà Jésus, qui, à peine sorti des eaux du Jourdain, se voit poussé  au désert par l’Esprit. Il va y vivre quarante jours et y être tenté par Satan. Marc note que Jean, ayant été livré, Jésus, en route pour la Galilée, commence à prêcher l’Evangile de Dieu, annonçant que le temps est accompli, que le royaume de Dieu est proche. Puis il recommande de se convertir et de croire à la bonne nouvelle.
Il y a  un mois, en préambule de sa méditation sur Marc 1, 14-20, nous avons entendu le prédicateur nous rappeler la tentation au désert, je n’y reviendrai donc pas en détail.
Pour cette entrée en Carême, je préfère m’attacher à méditer avec vous  le verset15 qui m’a toujours questionné et qui, de mon point de vue, conditionne notre vie de chrétien.
En effet, pour nous aujourd’hui, que peuvent bien signifier, que peuvent impliquer les paroles de Jésus: « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. », « Repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle »?
Ce verset peut nous aider à entrer dans ce temps de Carême.
Je vais vous livrer ma réflexion en trois points.
Un, le royaume est proche, deux : le temps de la repentance. Enfin troisièmement : le temps de la foi : croire en la Bonne nouvelle.
Vous l’avez compris, ce que je veux partager avec vous c’est d’abord comprendre ce qu’est le royaume puis ce qu’il requiert de notre part comme réponse, comme orientation dans notre vie.
I - Le royaume des cieux ou de Dieu
L’expression  royaume de Dieu se retrouve plutôt chez Marc et Luc que chez Matthieu qui cite plus souvent royaume des cieux.
Si je voulais faire un peu d’humour, je commencerais par vous dire qu’aujourd’hui, parler et désirer le royaume dans une société républicaine semble pour le moins bizarre. Et ce l’est encore plus pour le rejeton que je suis,  issu  d’une vieille caste  en coma profond, sinon en disparition ; rejeton, qui,  par ailleurs est  lui-même républicain, oui « bizarre autant qu’étrange!» disait mon père.
Non, je redeviens sérieux et  je reviens au royaume celui dont parle Jésus. Que veut- il dire exactement ? Jésus parle du royaume de Dieu. Son Père règne. Son Père est au-dessus de tout, de toute la création et, Jésus lui aussi, est au-dessus de tout, cependant, nous le verrons  qu’il est aussi avec nous, ici, dans nos vie de femmes et d’hommes.
D’abord Jésus dit que le temps est accompli. Ici, le temps c’est le « Kairos » . En grec, cela signifie le moment opportun, le temps favorable. Ainsi donc c’est le moment du royaume de Dieu. Le temps favorable pour qu’il advienne.
Jésus n’a pas changé le monde de son temps; il n’a pas transformé le monde de la Palestine, de même, il n’a pas guéri tout le monde pas plus qu’il n’a renouvelé la vie politique de son temps. Pourtant, les juifs attendaient un Messie, un libérateur avec un pouvoir temporel, un guide, un résistant face à l’occupation romaine. Et pourtant…pourtant Jésus dira plus tard  en Jean  au chapitre 18,36: « mon royaume n’est pas de ce monde », signifiant ainsi que le royaume était tout autre.
Alors ce royaume de Dieu, quel est-il?
On peut répondre rapidement qu’il vient par Jésus-Christ, qu’il est ne victoire sur le mal, qu’il est la suppression des conséquences du péché du monde ou encore qu’il est la création d’un monde nouveau de justice et de paix.
Pour ma part et pour expliquer le royaume de Dieu, je vais avoir recours à Paul dans sa lettre aux Romains au chapitre 14, verset 17, il écrit ceci pour le qualifier:
« le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint Esprit.»
Ainsi, nous voilà au cœur du sujet : la justice, la paix, la joie.
Jésus inaugure un autre temps, marqué par un regard nouveau  tourné vers Dieu,  Dieu de justice, de paix de joie et vers le prochain :
Car en effet sans justice, il n’y a ni paix ni joie, et donc il ne peut y avoir d’amour. Or nous le verrons plus loin, il s’agit d’un royaume d’amour.

Deuxième temps la repentance.
Plongeant les pécheurs dans l’eau du Jourdain, Jean prêchait un baptême de repentance pour le pardon des péchés. Jésus reprends les paroles de son cousin.
Esaïe écrit au chapitre 56,  verset 1 : « Observez ce qui est droit, pratiquez ce qui est juste, car mon salut ne tardera pas à venir, et ma justice à se manifester »
Pour que le royaume advienne, il faut se repentir, se retourner, se convertir. Se repentir, ce n’est pas demander pardon pour les manquements, les fautes, les souffrances que l’on peut créer à son prochain, non, ce n’est pas que cela, c’est aussi une dynamique, un changement radical de vie, une conversion.
C’est inventer des signes de libération pour aujourd’hui, ici et maintenant, pour soi-même mais aussi pour les autres ; c’est combattre pour la justice, c’est accueillir et partager.
Nous ne sommes pas appelés à transformer le monde, à créer une société  parfaite, un monde idéal. Non. Nous appelés à nous changer nous-mêmes, à nous dépouiller de ce qui nous sépare radicalement du Père, à résister aux tentations du monde, quelles qu’elles soient.
Adam a chuté. L’homme a chuté. Au désert, Jésus, a résisté à la tentation de l’avoir, de l’orgueil, du pouvoir. Jésus a montré que l’homme peut vaincre le péché. Lui a vaincu Satan par amour pour nous, pour nous sauver, pour venir accomplir la loi, pour nous montrer comment faire advenir le royaume de Dieu.
Le signe de ce qu’est le royaume de Dieu se trouve dans cette parole de Jésus à ses disciples,  dans Jean au chapitre 13 verset 35:
«A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »
Le salut de Dieu offert par Christ nous permet la conversion  qui est la résultante d’une grâce, d’un don gratuit de Dieu. La conversion c’est la possibilité vivre cette grâce. C’est accepter de se laisser déposséder des sécurités, des peurs inutiles, des images toutes faites. C’est trouver la joie dans l’humilité, c’est avoir la soif de justice et la pauvreté de cœur. C’est être libérés, être déchargés des fardeaux. C’est croire en l’amour.
Ce savoir libérés, sauvés  nous permet de nous tourner vers nos frères et sœurs, leur  tendre la main, élargir nos cœur, accueillir et partager.

Enfin  troisième temps de ma méditation :Le temps de la foi : « Croyez à la bonne nouvelle ».
Se convertir c’est aussi croire. Croire en  la bonne nouvelle. Faire confiance, croire à la bonne nouvelle du salut, au royaume de Dieu qui est proche et qui préfigure le royaume de la fin des temps, celui des temps eschatologiques.
Voilà la dernière parole du verset 15 : « Croyez en la bonne nouvelle. » Le royaume de Dieu est bien là. Nous sommes sauvés ici et maintenant. Nous sommes  sauvés, aimés de Dieu.
Oui, notre foi se situe exactement à ce moment favorable du royaume. Nous pouvons croire au message du salut, à l’amour total de Dieu pour nous.
Evidemment, cette foi est exigeante qui nous conduit à aimer comme Jésus, de façon inconditionnelle.
C’est marcher avec Jésus pour accueillir la grâce, la libération, l’amour et la communion avec nos frères et sœurs ; c’est aussi et d’abord être les témoins d’une autre économie, celle du royaume de Dieu, comme l’écrit le pasteur Antoine Nouis dans  son catéchisme protestant..
Le royaume de Dieu, croire en la bonne nouvelle, c’est croire en l’amour total, ce n’est plus un commandement, c’est une habitation.
Mais la vie du royaume n’est ni héroïque, ni solitude, elle est route partagée avec les sœurs et frères et avec le Fils qui est avec nous, qui chemine avec nous. Alors la vie dans le royaume de Dieu est justice, joie et paix.

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Chers amis, il n’est pas de meilleure introduction pour entrer dans ce Carême qui nous conduira à Pâques
Matthieu écrit au chapitre 5,3 dans les Béatitudes : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux. »
Le royaume de Dieu est une réalité qui nous est offerte gratuitement.
Nous pouvons l’accepter simplement, pauvrement; en changeant de vie, en nous convertissant, en croyant humblement avec sincérité à la bonne nouvelle du salut.
Que notre Carême soit conversion et affermissement de notre foi au message de Jésus Christ.
Oui croyons à la bonne nouvelle !
En ce temps de Carême, purifions nos cœurs car il est dit en Matthieu 5, 8 : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu.
Laissons le Saint Esprit agir en nous comme l’écrit Calvin  dans l’Institution chrétienne, au livre II , chapitre III, 6 qui rappelle les paroles d’Ezéchiel 36,26 : « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. »
Cyrille de Jérusalem écrit « Celui qui se garde pur dans ses actions ses pensées et ses paroles, peut dire à Dieu : « Que ton règne vienne. »
Oui, Seigneur purifie nous, affermis nos conversions de cœur que nous puissions dire dans une attente sincère : « Que ton règne vienne » !
Amen !
Georges d’Humières

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mardi 23 janvier 2018

Salm 134 / psaume 134 (Òc)




Prepausi çai-jos doas reviradas del salm 134: la mieuna, version protestanta, e la revirada de la Bíblia occitana de Joan Larzac-Roqueta.
Je propose ci-dessous deux traductions du psaume 134: la mienne, version protestante, et celle de la Bible occitane de Joan Larzac-Roqueta.


Salm 134


Cant de las montadas. De David
Anatz! Benesissètz l’Etèrn,
Totes vos, servidors de l’Etèrn
 que vos tenètz dins l’ostal de l’Etèrn
pendent las nuèits!
Levatz las mans cap al sacnctuari,
 e benesissètz l’Etèrn.
Que de Sion te benesiga l'Etèrn,
el que faguèt los cèls e la tèrra !

Revirada protestanta de Jòrdi d'Olmièras (Georges d'Humières) 2012


Autra revirada - Autre traduction (Joan Larzac)

Psaume 134
Liturgia
Cant del vèspre

Cant de las montadas. 
Benesissètz lo Senhor,
Totes los servidors del  Senhor
Los que vos tenètz dins l’Ostal del  Senhor
( dins los cortils de l’Ostal de nòstre Dieus).
Pendent las nuèches,
Elevatz las mans cap al Sacnctuari,
E benesissètz lo Senhor.
(Un prèire)
Dins de Sion te benesiga, lo Senhor,
Es el que faguèt los cèls  e la  tèrra !

Bíblia occitana - Joan-Larzac-Roqueta – Letras d’oc - 2013




samedi 23 décembre 2017

Traité d'Hippolyte de Rome contre l'hérésie de Noët


La notice d’Hippolite de Rome contre les Noétiens — les disciples de Noët —, représente la dernière partie de son Syntagma, ouvrage aujourd’hui perdu. 

Hippolyte y contredit ceux qui, à l’instar de Noët à Smyrne, affirment l’existence d’un principe premier unique aux dépends d’un autre donné fondamental de la foi chrétienne, à savoir que Dieu est trine.
Une manière hétérodoxe de préserver l’unicité de Dieu est en effet de dire que le Père et le Fils ne sont que des modes d’une même divinité. Le Fils n’est en définitive qu’une apparence sous laquelle le Père vient à nous pour nous sauver. Il ne possède aucune personnalité propre.
En menant ce raisonnement jusqu’au bout, ce que fit Noët, il est possible de conclure que c’est le Père qui a souffert sur la croix.
Cette position extrême est appelée le patripassianisme.
Noët défendait cette doctrine en deux temps. Il se référait d’abord à des passages de l’Écriture qui manifestaient l’unité de Dieu (Ex3, 6 ; 20, 3 ; Is 44, 6 ; 45, 14-15 ; Ba 3, 36-38) pour aboutir, à partir d’autres références scripturaires (Jn 10, 30 ; 14, 8-10), à l’identification du Père et du Fils.
Cette doctrine avait l’avantage d’être simple, claire, accessible à tous, ce qui était loin d’être le cas de la théologie du Logos qui présupposait une certaine culture pour être accueillie.

Je présente ci-dessous un extrait du traité d'Hippolyte de Rome contre cette hérésie; c'est la deuxième lecture de l'office des lectures d'aujourd'hui dans le livre d'heure des catholiques.
GH

TRAITÉ DE SAINT HIPPOLYTE DE ROME CONTRE L'HÉRÉSIE DE NOET


« Le mystère aujourd'hui manifesté... »

Il y a un seul Dieu. Nous ne le connaissons pas autrement, frères, que par les saintes Écritures. ~ Par conséquent, voyons tout ce que proclament les divines Écritures et reconnaissons tout ce qu’elles enseignent. Croyons le Père comme il veut être cru ; glorifions le Fils comme le Père veut qu’il soit glorifié ; et recevons le Saint-Esprit comme le Père veut qu’il soit donné. Ne voyons pas selon notre propre choix, ni d’après notre propre intelligence, ni en faisant violence aux dons de Dieu, mais de la façon que lui-même a voulu indiquer par les saintes Écritures.

Dieu qui était seul, et pour qui rien n’était contemporain de lui-même, décida de créer le monde. Par son intelligence, sa volonté et sa parole, il fit le monde et il eut aussitôt les créatures qu’il voulut, quand il voulut, comme il voulut ; il nous suffit de savoir seulement que rien ne fut contemporain de Dieu, en dehors de lui-même.

Mais, tout en étant seul, il était multiple. Car il n’était pas sans parole, sans sagesse, sans puissance ni décision. Tout était en lui et il était le Tout.

Quand il le voulut, comme il le voulut, il manifesta sa Parole au temps fixé par lui-même, ~ cette Parole par laquelle il a tout créé.

Sa Parole, qu’il tenait en lui-même et qui était invisible au monde créé, il la rend visible. Tout d’abord, il la profère comme une voix, il l’engendre comme la lumière issue de la lumière, il envoie comme Seigneur pour la création sa propre intelligence. Et celle-ci, qui était d’abord visible à lui seul et invisible au monde créé, il la rend visible, afin que le monde, en voyant cette épiphanie, puisse être sauvé. ~ Telle est l’intelligence de Dieu : en entrant dans le monde, elle se montra le serviteur de Dieu. Tout fut par lui, mais lui seul est issu du Père. ~

Dieu a donné la Loi et les Prophètes et, en les donnant, il les a forcés, par l’Esprit Saint, à parler, en sorte qu’ayant reçu l’inspiration de la puissance du Père, ils annoncent la décision et la volonté du Père. ~

La parole de Dieu, son Verbe, s’est donc manifestée, comme dit saint Jean. En effet, il récapitule les paroles des prophètes en montrant que c’est lui, le Verbe, par qui tout a été fait. Il parle ainsi : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut de ce qui existe. Et saint Jean dit plus loin : Le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

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mardi 19 décembre 2017

AL MUSÈU TE PAPA

 PAPIERÒT MENERBÉS (in La Semaine du Minervois, 14/12/17)

AL MUSÈU TE PAPA

Quand passaretz per Wellington (Nòva-Zelanda), sustot vos cal anar vistalhar lo musèu Te Papa Tongarewa (Tresaurs de nòstra tèrra) dedicat per una brava part al pòble maori. E òc, lo musèu es consacrat a la Nòva-Zelanda de las originas a uèi. Musèu nacional, foguèt dobèrt en 1998, : i caldriá passar tranquillament mai d'una jornada per espepissar totes los documents, gaitar las videòs e escotar musicas e testimoniatges (pro de comprene coma cal l'anglés o lo maori !).

Unas salas presentan la Natura, flòra e fauna, en insistent sus las bèstias autoctònas que d'unas se trapan pas brica sus d'autres continents. Doblidan pas d'evocar los problèmas grèus nascuts de l'arribada e de l'importacion dels animals europèus. Veiretz tanben dins son banh de glicòl lo mai grand calamar del monde. D'unas bèstias vengudas ara pichonas foguèron grandarrasas als bèls temps passats. 

Una part de las salas espepissa la geologia, las erupcions volcanicas e tèrratremols qu'una linha de fractura e de rescontre de placas tectonicas travèrsa lo país e que Wellignton se trapa sus aquesta linha. Un pichon pargue presenta las plantas del país. 

Las paginas negras de l'arribada del capitani Cook son pas amagadas (aquò foguèt un massacre : los fusilhs respondèron als presents que los Maoris comptavan d'ofrir a aquel monde vengut d'endacòm mai). Lo sègle 19 vegèt una cordelada de conflictes entre lo poder britannic e los Maoris : aquò s'acabèt per un tractat de patz (lo Tractat de Waitangi) que los reconeguèt coma subjèctes de Sa Majestat e que lor i autrejgèt unes dreits sus las tèrras. 

Tot un estatge es consacrat a la cultura maori : objèctes, barcas (una piròga longarrasa : waka. E non, lo monde èra pas embarrat dins sos vilatjòts : una carta mòstra los viatges e los escambis entre Nòva-Zelanda, Asia e Polinesia. Apuèi, se trapa monde per dire qu'aquelas contradas an pas d'istòria), un ostal comun (marae) es reconstituit. Las cresenças, los rapòrts als aujòls e a la Natura (que mena tot : la tèrra-maire) son larjament presentats e comentats. Lo bilinguisme anglés-maori es pas general, mas plan present suls panèus e dins los enregistraments. Los dròlles se veson proposar activitats ludicas o educativas o las doas a l'encòp.

Aquela fòrta cabuçada dins l'istòria e dins l'imaginari empacha pas de pausar las questions d'actualitat (coma las migracions novèlas amb los pòbles de Pacific o monde d'endacòm mai) son presentadas sens amagar los problèmas pausats. Lo musèu explica atal un territòri dins totas sas dimensions, mas tanben dins l'encastre d'una dobertura sul monde. Sèm pas dins nòstres musèus de las arts e tradicions popularas que viran plan sovent a l'engaumit (Bon, veirem plan çò que ne serà del Museon Arlaten quand tornarà dobrir d'aicí 2020). Mas nos podèm plan pausar la question : ont se trapa lo musèu viu de la cultura occitana ?
Mana Roch
• Per ne saber mai : https://collections.tepapa.govt.nz

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Les risques majeurs de la croissance des inégalités dans le monde

Les risques majeurs de la croissance des inégalités dans le monde
Chronique de Bernard Ginisty du 20 décembre 2017

         Dans une tribune publiée  en juillet 2009 dans le journal Le Monde, l’ancien Premier Ministre, Michel Rocard analysait ainsi le rôle des institutions financières dans la crise mondiale : « En trente ans, c’est une révolution intra-capitaliste qui s’est faite, et pour le pire. Le motif de changement majeur est tout simple : dans le monde bancaire, c’est une avidité démesurée, une orientation viscérale vers la recherche de la fortune, qui explique aussi bien l’extension vertigineuse des produits dérivés que les invraisemblables niveaux de rémunération, comme la tendance évidente à la tricherie et à l’immoralité ». Ces dérives du monde bancaire traduisent un changement de mentalité qu’il caractérise ainsi : « les classes moyennes supérieures des pays développés sont en train de renoncer à l’espoir d’arriver à l’aisance par le travail au profit de l’espoir de réaliser des gains en capital rapides et massifs, bref de faire fortune.  Ce comportement sociologique est incompatible avec le bon fonctionnement et surtout la stabilité du système ». Déplorant que « peuples et gouvernements esquivent le fonds du problème », il concluait ainsi son propos : « Si le détonateur financier – puisqu’on est en train de préserver le système bancaire y compris ses facteurs de déséquilibre – réexplose, il frappera des économies encore plus fragiles et anémiées. Il y a du souci à se faire, je suis désolé de ne pas savoir m’en cacher » (1).
         Plus de 8 ans après, le rapport sur les inégalités mondiales 2018, alimenté par un vaste réseau d’une centaine de chercheurs couvrant près de 70 pays, confirme hélas les prévisions pessimistes de Michel Rocard (2) Deux des responsables de l’étude Thomas Piketty et Lucas Chancel déclarent : « Nos données montrent que la tendance inégalitaire des trente dernières années a pris des proportions excessives et néfastes » (3). On apprend, dans ce rapport, que depuis les années 1980 le 1% des personnes les plus riches du monde ont capté 27% de la croissance du revenu, contre 12% pour les 50% les plus pauvres de la planète. Aux Etats-Unis, l’imposition des plus hauts revenus a été divisée par trois sous Reagan avant de se stabiliser. Parallèlement, le pouvoir d’achat du salaire minimum américain a baissé de 25% en cinquante ans.  Dans ce pays, 1% des plus riches détiennent 39% du patrimoine des ménages en 2014 contre 22% en 1980. Le rapport note que  l’Europe est la région du monde où les inégalités ont le moins progressé. « Cela tient beaucoup au modèle social instauré après la seconde guerre mondiale, fait d’un système de redistribution généreux et d’une fiscalité plus progressive. Mais aussi à des politiques salariales plus favorables aux classes populaires et à un système d’éducation relativement égalitaire ».
         En cette période de Noël qui se veut la fête de l’enfance, il serait utile de méditer le texte de Denis Clerc, fondateur de l’hebdomadaire Alternatives économiques, intitulé : Le drame de la pauvreté des enfants. A ses yeux, les enfants pauvres sont des « victimes désignées » de ce système inégalitaire : « naître dans une famille pauvre implique par la suite de grandir dans une famille pauvre, car sortir de la pauvreté est relativement assez peu fréquent». Dès lors, « Ne pas mettre en œuvre tout ce qui est possible pour que les enfants pauvres sortent par le haut de la nasse dans laquelle ils se trouvent, ne serait ni juste, ni intelligent. Emile Durkheim, le fondateur de la sociologie moderne, nous donne la clé de ces choix implicites. En 1893, il écrivait : « (…) Pour que les hommes se reconnaissent et se garantissent mutuellement des droits, il faut d’abord (…) que, pour une raison quelconque, ils tiennent les uns aux autres et à une même société dont ils fassent partie » (4).

(1)Michel ROCARD : Les Européens ont voté pour que la crise continue. Peuples et       gouvernements esquivent le fonds du problème in Le Monde du 7 juillet 2009, page 20.
 (2) Ce rapport est le premier produit par le Laboratoire sur les Inégalités Mondiales  basé à l’Ecole d’Economie de Paris. Il sera actualisé tous les deux ans. 
 (3)Entretien dans le cahier Éco&Entreprise du journal Le Monde du 15 décembre 2017, page 3.
 (4) Denis CLERC : Le drame de la pauvreté des enfants  www.alternatives-economiques.fr/denis-clerc. Dans le dossier du journal Le Monde sur le rapport précité, Branko Milanovic, enseignant à la City University of New York publie un texte intitulé :Un risque de désarticulation sociale  où l’on peut lire ceci : « Des sociétés dans lesquelles cohabitent des gens aux revenus et schémas de consommation extrêmement différents peuvent-elles rester stables et démocratiques ? De telles sociétés n’auraient-elles pas tendance à exacerber les caractéristiques de ce qui était autrefois considéré comme le fléau du tiers-monde, à savoir la désarticulation sociale, avec une couche supérieure prospère parfaitement intégrée à l’économie mondiale et des couches inférieures stagnantes, progressivement dépassées par les classes moyennes des économies émergentes ? C’est là, me semble-t-il, la question essentielle que devraient se poser les responsables politiques des sociétés  riches actuelles » page 5.
           
  


dimanche 17 décembre 2017

"Témoigner." Ma prédication du 3e dimanche de l'Avent à Narbonne


Témoigner : 1 Thessaloniciens 5, 16-24 ; Jean 1, 6-8, 19-28
Prédication du 3e dimanche de l'Avent - Narbonne

Mes chers amis,

Le beau prologue de Jean m’a toujours beaucoup intéressé et fait réfléchir. Et  il m’a toujours été source de méditation.

Les disciples de Jean le Baptiseur ont longtemps hésité entre lui, le Précurseur et Jésus, même après sa mort.

Dès le début du prologue, Jean nous donne des indices pour nous aider : « Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. »

Le témoignage de Jean le Baptiseur a dû entraîner de l’étonnement  et des questions d’autant plus pressantes qu’il répondait à des pharisiens, sacrificateurs et à des Lévites envoyés, mandatés pour s’informer et qui étaient intrigués par cet homme qui dérangeait.

« Toi, qui es-tu ? »

Leurs questions sont pertinentes, directes, précises. Jean-Baptiste est amené à récuser les trois questions. Il répond sans ambages :

- il déclare que non, il n’est pas le Christ
- il n’est pas non plus Elie, celui qui doit inaugurer les derniers temps
- il n’est pas le prophète comme Moïse, le prophète censé renouveler les prodiges de l’Exode, celui dont Moïse disait dans le Deutéronome au chapitre 18,15 : «L’Eternel ton Dieu, te suscitera du milieu de toi, d’entre tes frères, un prophète comme moi : vous l’écouterez ! » et encore au verset 18 : « je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche, et leur dira tout ce que je leur commanderai. »

A la question une fois posée une nouvelle fois, Jean va finalement répondre en citant Esaïe 40,3 : «  Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur ! »

Oui ! Jean est une voix ! Une simple voix. Il est un simple porte-parole, rien de plus. Il est en service commandé. Il n’est pas maître mais serviteur. Au service du message qu’il doit délivrer à tous.

De nouveau pressé de questions après ses dénégations, Jean va renvoyer sans se lasser, à plus haut, plus grand que lui : « au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi ; je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers »(v .28).

Ainsi révèle-t-il Jésus, l’envoyé de Dieu, le Messie, celui qui se cache dans un homme ordinaire : Jésus de Nazareth. Telle est sa mission.

Le témoignage de Jean-Baptiste est touchant, c’est celui de l’humble serviteur, prêt à s’agenouiller devant le Messie.

De ce récit, nous pouvons tirer plusieurs conclusions : Jean est envoyé pour annoncer, il a une mission : celle de servir de témoin. Son témoignage est simple, bref, précis, empli d’humilité. Il aurait pu faire valoir la notoriété qu’il avait acquise au bord du Jourdain lorsqu’il   baptisait d’eau. Mais non ! Au contraire, il s’efface devant celui qu’il annonce, celui qui vient.

Aujourd’hui, pour nous chrétiens, disciples de Christ, par notre baptême, nous sommes aussi appelés à témoigner auprès de notre proches, dans nos familles, auprès de nos enfants de nos petits-enfants, de nos amis, auprès de ceux qui nous interrogent sur notre foi.

C’est notre vocation, notre mission, car,  sans notre témoignage, qui recevra Christ, qui le connaîtra ?

Et il me vient une idée : pour être sinon entendu, du moins écouté, notre témoignage doit être suscité, voulu par nos interlocuteurs. Jean répond à des questions qui lui sont posées. C’est aussi ce que nous devrions tous faire. Trop souvent les chrétiens n’ont pas attendu les questions et ont délivré un message qu’ils imposaient sans s’embarrasser.

Le message sera d’autant plus reçu que nous aurons été questionnés.
Mais bien sûr, les questions ne peuvent venir qu’à  condition que notre comportement provoque de l’intérêt, de la curiosité voire de la sympathie sinon de l’envie. Et c’est là que j’en arrive à la deuxième partie de ma méditation.
Comment susciter de  l’intérêt, provoquer la curiosité de personnes qui souvent ne sont pas forcément en recherche ou bien au contraire, tels les sacrificateurs et les Lévites, sont campés sur leurs certitudes, leurs dogmes , une foi acquise qui ne se remet jamais en question ?

Paul nous donne trois  pistes dans la première lettre aux Thessaloniciens :
Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses.
Je ne retiendrai que ces trois premiers versets de la péricope que nous avons lue.

Soyez joyeux !
Le monde d’aujourd’hui est terrible, difficile, dangereux.
Albert Camus disait : « Il faut créer le bonheur pour protester contre l’univers du malheur. » et Nietzsche affirmait qu’il ne deviendrait chrétien que le jour où il rencontrerait des chrétiens montrant  des figures de ressuscités. Comment témoigner de la Bonne Nouvelle du salut si nous sommes tristes, grincheux, énervés, agressifs ? La joie est évangélique et elle se partage, elle est contagieuse.

Priez sans cesse !
La prière et la joie sont liées l’une à l’autre. Paul l’a bien compris qui ne les sépare pas. Et les verbes sont à l’impératif. C’est inévitable, ces deux-là sont liées et consubstantielles. La prière ne peut entraîner et alimenter la tristesse, elle ne peut qu’apporter la joie puisqu’elle nous approche de Dieu ; par elle, nous entrons dans l’intimité de Dieu et Lui nous rejoint dans la nôtre. Dès lors nous sommes mus par des forces qui nous dépassent.

Rendez grâces à toutes choses !
Rendre grâce est aussi sujet d’interrogation. Si ce que nous avons reçu par notre baptême, la grâce de la foi n’est pas un sujet de gratitude, si nous ne rendons pas grâce, joyeusement, quel est le témoignage que nous voulons porter ? Montrer joie et gratitude ne peuvent que provoquer l’intérêt, les questions et permettre à l’autre, celui  qui nous écoute, nous voit, celui qui nous côtoie,  de s’ouvrir et recevoir le message d’amour et de paix dont lui aussi pourrait tirer une vie renouvelée et joyeuse.


Je voudrais terminer en citant Paul dans sa lettre aux Romains.
Au chapitre 10, 14b-15, Paul écrit  « Et comment croiront-ils en celui dont ils ont entendu parler ? Et comment entendront-ils parler, s’il n’y a personne qui prêche ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s’ils ne sont pas envoyés ? »
L’Eternel par notre baptême nous envoie tous en mission, comme les prophètes, comme Jean Baptiste. Baptisés, nous sommes tous missionnés à notre niveau, tels que nous sommes. Nous sommes tous des témoins: en paroles ou en actes et, de préférence, en paroles et en actes, là où nous sommes, comme nous sommes, avec nos talents et nos manques.

Alors, oui mes chers amis, rendons grâce pour notre baptême, rendons grâce pour la fête de Noël qui approche. Montrons de l’entrain et de la joie, prions sans cesse l’Eternel de nous donner comme à Jean Baptiste de la force, du courage, de l’humilité, de l’endurance dans l’engagement et dans la prière. Que notre joie soit source de joie.

Oui ! Témoignons de la Bonne Nouvelle, témoignons de Jésus qui arrive parmi nous à Noël !

Rayonnons de joie ! Amen !

Georges d’Humières!




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