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Ce blog présente principalement des articles sur les actualités concernant les religions, la spiritualité protestante, la culture et la langue occitanes, l'actualité personnelle et familiale. On peut aussi s'y trouver quelques billets d'humeur...

Aquel blòg presenta principalament d'articles sus las actualitats pertocant las religions, l'espiritualitat protestanta, la cultura e la lenga occitanas, l'actualitat personala e familiala. Se pòdon trobar qualques mots bilhetas d'umor...

jeudi 11 mars 2010

Dieu: roi? Seigneur?...


Un jour, un ami dominicain, alors que nous étions en réunion, nous a demandé si cela ne nous gênait pas d'appeler Dieu,
Dieu, ou roi,ou Seigneur, ou encore Seigneur tout puissant, etc... Après un bref silence, sans répondre directement, et quelque peu interloqués, nous lui avons demandé pourquoi il nous posait une telle question.

Il faut dire que ce dominicain, provocateur de toujours, était un chercheur et un scientifique de haute volée, original, plutôt cantonné dans un univers à part.

Il nous répondit ceci, je reprends mes notes.

Dans l'antiquité et encore sous l'ancien régime, le modèle était le roi qui représentait le pouvoir divin sur terre et le système de référence était théocratique et patriarcal. Notre société moderne est différente, notre vocabulaire aussi. Nous vivons en république, en démocratie, et l'utilisation de termes liés au maître et à l'esclave, à des relations issues d'un féodalisme qui n'a plus cours, peut sembler décalée par rapport à ce que nous vivons dans nos relations aujourd'hui. Appeler Dieu roi ou Seigneur, c'est rester dans une logique de relation féodale, c'est utiliser un vocabulaire qui peut sembler suranné. Pourquoi pas président, père, ami et même frère, puisque Jésus est notre frère en humanité? Nous demanda-t-il.

A cette époque, il y a une vingtaine d'années, nous avons tous répondu que le vocabulaire habituel ne nous dérangeait pas. Nous en sommes restés là.

Si, aujourd'hui je reviens sur cette question, c'est parce que ma foi a évolué ainsi que ma relation à Dieu et que, de temps en temps, dans mes prières, mes méditations, je me souviens de la question de notre ami.

Déjà, quand j'appelle Dieu: Dieu , je me pose la question de savoir ce que cela veut dire. Alors, on peut comprendre que roi ou seigneur, me posent encore plus de problèmes.

Tout d'abord, le mot Dieu fait référence dans l'inconscient collectif à une personne au-delà de tout, hors de portée, invisible, sans réalité tangible. Souvent, nos anciens, et aussi ceux que nous appelons les peuples premiers, rendaient la divinité réelle, en lui donnant une forme: statues, idoles, par besoin d'un référent proche de leur réalité humaine.

L'emploi du mot Dieu ne me satisfait plus. L'évangile m'a fait découvrir la relation père-fils-fille, qui me paraît plus pertinente et plus proche, puisque j'ai affaire à mon créateur.
Donc père ou créateur me semble être plus juste que Dieu, sauf que... sauf qu'aujourd'hui, nous ne sommes plus non plus dans une société totalement machiste ou patriarcale... Alors, pourquoi devrais-je dire père et pas mère? Car "l'Etant-créateur", au-delà de tout anthropomorphisme, est forcément père et mère dans notre langage d'humain, puisqu'il nous a créés. Me voilà bien perplexe.

Quant à l'emploi de roi ou seigneur, ce vocabulaire nous est effectivement bien étranger aujourd'hui, nous qui n'acceptons plus ce lien de subordination humiliant, dévalorisant et aliénant de maître à serviteur-esclave.

La Bible nous dit que Dieu nous a fait à son image. Alors, nous l'avons pensé "humain", avec les pouvoirs qu'avaient les géniteurs de l'antiquité, c'est à dire avec le droit de vie et de mort sur les enfants. Dans notre relation de femmes et d'hommes du XXI ème siècle, pouvons-nous penser notre créateur ainsi, lui qui nous a créés? Quel serait ce père qui aurait un tel droit sur ses enfants? Aujourd'hui, c'est impensable; ce serait scandaleux et puni par la loi.

Alors, à ce point de ma réflexion, qu'en conclure?

Je vais faire un choix surprenant, après tout ce que je viens de dire: je vais continuer à utiliser le vocabulaire habituel pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, il est vrai que"l'Etant-créateur " m'échappe totalement, il est hors de portée de mon intelligence d'homme. Il ne m'est donc pas possible de trouver les mots qui seront justes, puisque je n'ai aucune idée de ce qui peut convenir vraiment à sa réalité d'Etant. Tous les mots que je pourrais choisir pourraient être, un jour ou l'autre, qualifiés par d'autres ou même par moi , comme obsolètes ou comme étant un signe d'ignorance et/ou d'anthropomorphisme.

Ensuite, même si ces appellations ne me conviennent pas parfaitement, elles ont l'avantage d'être partagées par l'ensemble des croyants et sont, par conséquent, signes d'unité: ils sont perçus comme universels. C'est une raison majeure.

Enfin, et c'est là que s'arrêtera mon exposé, je continuerai à utiliser ce vocabulaire, par humilité. Pour me souvenir de ma condition de créature minuscule dans l'univers, créature unique, étonnante, si faible et même temps si originale dans l'infini d'une éternité incompréhensible. Humilité, dis-je. En effet, qui suis-je moi, pour vouloir refuser puis changer ce que des plus grands, des plus savants que moi ont accepté, sans remettre en cause ce qui leur a été légué par leurs anciens? L'écriture est à prendre telle qu'elle est, avec son langage humain contestable certes, mais langage témoignant de la parole soufflée par Dieu à des hommes et adapté à leur entendement limité.

C'est peut-être cette réponse que voulait entendre notre ami dominicain.

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