Objet du blog

Ce blog présente principalement des articles sur les actualités concernant les religions, la spiritualité protestante, la culture et la langue occitanes, l'actualité personnelle et familiale. On peut aussi s'y trouver quelques billets d'humeur...

Aquel blòg presenta principalament d'articles sus las actualitats pertocant las religions, l'espiritualitat protestanta, la cultura e la lenga occitanas, l'actualitat personala e familiala. Se pòdon trobar qualques mots bilhetas d'umor...

mardi 8 juin 2010

Conférence d' Edimbourg 2010


Lu dan le journal "La Croix.com" du 8-06-2010


L’espace œcuménique s’est élargi à Édimbourg



La participation des Églises évangéliques à la célébration du centenaire de la conférence des Missions, marque un tournant pour l’œcuménisme


Célébration de clôture de la conférence d'Édimbourg, dimanche 6 juin (Photo : Gary Doak/Edimbourg 2010).

« Jamais un événement n’aura réuni autant d’Églises et de groupes chrétiens de dénominations diverses », se réjouit Geoff Tunnicliffe, directeur international de l’Alliance évangélique mondiale, au sujet de la Conférence d’Édimbourg 2010 organisée à l’occasion du centenaire de la conférence des Missions qui a marqué le début du mouvement œcuménique moderne.

L’investissement des Églises et assemblées évangéliques en faveur de l’unité n’allait pas encore de soi il y a peu. Leur forte représentation dans la capitale écossaise marque à l’évidence un tournant. « Que le directeur de l’Alliance évangélique mondiale prenne la parole après le secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises au cours de la célébration d’ouverture, cela marque un élargissement notable du champ œcuménique », se réjouit un pasteur réformé suisse du COE.

Les évangéliques ont en effet découvert que les divisions sont un obstacle au témoignage et font perdre en efficacité la mission. « Le manque d’unité parmi les différentes expressions chrétiennes est certainement un obstacle pour un plus grand impact sur la société et nos gouvernements », souligne le pasteur Bertil Ekström de l’Alliance évangélique mondiale en mission au Brésil.

Certains n’ont jamais eu l’occasion de fréquenter des chrétiens d’autres confessions

Le désir de rapprochement notamment avec les Églises dites « historiques » (catholique, orthodoxes et issues de la Réforme) trouve sa source dans la mission. De nombreux délégués de la mouvance évangélique font d’ailleurs à Edimbourg leurs premiers pas dans l’œcuménisme.

Certains n’ont même jamais eu l’occasion de fréquenter des chrétiens d’autres confessions. Parfois parce que les occasions ont manqué, mais aussi par méconnaissance de l’autre. « En Chine, où l’évangélisation est très dynamique, témoigne le pasteur Ying Gao, certains refusent même de parler de dialogue entre chrétiens, et a fortiori avec des croyants d’autres religions et des non-croyants. »

Les représentants des Églises historiques rompus aux discussions œcuméniques s’amusent des découvertes simples de certains délégués : qu’il est possible de prier et de travailler ensemble, de nouer des liens d’amitié avec des chrétiens d’autres traditions.

L’élargissement du cercle œcuménique bouscule les façons de travailler

Mais le climat bon enfant de la conférence a aussi ses limites. Pour le P. Viorel Ionita, orthodoxe roumain, délégué de la Conférence des Églises Européennes basée en Suisse, les débats sont trop consensuels : « Les questions qui fâchent ne sont pas abordées. Les interventions qui se succèdent sont trop dans l’autopromotion : chaque Église, chaque groupe veut justifier ce qu’il fait pour asseoir sa légitimité. »

La délégation catholique s’est aussi inquiétée de la suite qui peut être donnée à donner à un tel événement qui n’est pas décisionnaire. « Le travail en faveur de l’unité a besoin de décisions concrètes, que l’on marque les avancées. L’absence d’autorité chez les évangéliques rend cela difficile », commente un représentant du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.

De fait, l’élargissement du cercle œcuménique à la mouvance évangélique bouscule les façons de travailler. Les Églises historiques savent qu’elles doivent désormais faire avec et non seulement dans les pays traditionnels de mission mais aussi en Occident.

«Le mouvement œcuménique renoue avec une veine missionnaire perdue de vue»

Des missionnaires du Sud arrivent dans l’hémisphère nord pour répondre aux besoins spirituels des migrants et ce sont de nouvelles Églises évangéliques qui s’implantent, dans bien des cas sans concertation avec les Églises déjà présentes. Claire-Lise Lombard, du Service protestant de mission à Paris donne encore l’exemple de missionnaires coréens actuellement en France pour apprendre la langue avant de partir en Afrique francophone, mais qui n’ont pas pris contact avec les communautés protestantes.

La participation des évangéliques à la conférence d’Édimbourg, si elle marque une avancée notable du dialogue œcuménique, reste aussi un défi à relever pour que l’unité prenne un chemin concret. Les représentants des Églises historiques reconnaissent néanmoins déjà recevoir quelque chose de leur présence. « Grâce aux évangéliques, commente un observateur du COE, le mouvement œcuménique est en train de renouer avec une veine missionnaire qui avait été perdue de vue. »

Mgr Brian Farrell, secrétaire du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, – conseil qui fêtait ses 50 ans d’existence le 6 juin a-t-il rappelé –, souligne qu’une telle conférence, « stimule réciproquement les Églises et renouvelle la responsabilité à l’égard de la mission ». « L’Église catholique peut accueillir de cette rencontre une créativité dans les modes d’interprétation et d’expression de la foi », explique le P. Ginni Colzani, titulaire de la chaire de missiologie à l’Urbaniana (Rome).

Sous le signe de l’humilité et de la patience

Édimbourg 2010 a aussi permis d’établir une cartographie d’un christianisme désormais mondial. Geoff Tunnicliffe y voit un fruit de la conférence de 1910 : « Nous nous réjouissons du caractère mondial de l’Église, ce que nos prédécesseurs avaient perçu dans la foi, non par la vue. Nombreuses sont les Églises en Asie, en Afrique et en Amérique latine, non représentées par les croyants nationaux en 1910, qui sont le fruit de leurs travaux et de leurs vies. »

Mais surtout, c’est le nouveau contexte de la mission qu’ont relevé les divers intervenants. Les missionnaires du XIXe siècle ont accompagné la colonisation et ne sont pas départis de leur culture d’origine, souligne Dana Robert, professeur d’histoire et de théologie de la mission à Boston.


La conférence d'Edimbourg de 1910 (Photo : COE).

Aujourd’hui, un des défis majeurs pour la mission est celui de l’inculturation de la foi, surtout là où le christianisme est encore perçu comme une religion importée. La mission est à repenser dans le contexte de la mondialisation, souligne encore Dana Robert, au-delà des frontières des États-nations.

La conférence de 1910 portait le souci de l’expansion du christianisme. Celle de 2010 s’est délibérément placée sous le signe de l’humilité et de la patience, loin de toute idée de prosélytisme. Elle n’avait pas non plus la prétention à résoudre toutes les difficultés dans la marche vers l’unité. Elle a cependant fait bouger les frontières de l’œcuménisme.
Dominique GREINER, à Édimbourg

____________________
*


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire