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dimanche 15 novembre 2015

LA VENUE DU FILS DE L'HOMME


Voici le texte de ma prédication aujourd'hui, dimanche 15 novembre au temple protestant de Narbonne.

Prédication du dimanche 15 novembre 2015 - GH

La venue du fils de l’Homme
Psaume 16 et Marc 13, 24-32

Chers amis, chers frères et sœurs en Jésus-Christ,

Il est des jours que l’on ne voudrait pas vivre, des jours où la tâche  nous paraît  bien lourde, bien difficile dans ces moments dramatiques.

Pour moi, les événements terrifiants  que nous avons vécus vendredi soir m’ont obligés à revoir relire et réviser  complètement ma prédication, chose que j’avais déjà fait une première fois, J-P P. ayant déjà prêché sur le même thème en méditant Luc XXI il y a quelques semaines.

Ainsi, l’actualité nous oblige à remettre les pendules à l’heure et changer nos perspectives.

Un théologien écrivait que le prédicateur doit avoir à la fois la Bible dans une main et le journal dans l’autre pour nourrir sa méditation. Ce n’est pas le journal, qu j'avais en main, mais c'était la télévision allumée dans le salon. Sur le petit écran, c'éttait l'irruption obscène des images crues et terrifiantes que les reportages en boucle nous ont déversées depuis plus de trente heures.

Aujourd’hui, comment faire autrement ?

Voilà des mois que nous voyons des images de fin du monde : glissement de terrains, inondations catastrophiques, flots de réfugiés fuyant l’horreur, les enfants et les femmes qui sont les premières victimes, les attentats ici en France en début d’année et maintenant et toujours plus meurtriers.

Tous cela pour moi, pour vous, chers frères et sœurs, c’est l’horreur absolue.
Quels rapports avec le texte d’aujourd’hui me demanderez-vous ?Sont-ce là les signes avant- coureurs de la fin du monde ? Doit-on les considérer comme tels ? Toutes ces interrogations me semblent bien vaines à la lecture de l’évangile d’aujourd’hui.

La réponse me paraît simple, il explique l’histoire de l’humanité, notre attente et l’attitude que Jésus attend de nous.


I-           Les signes

« Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées ». Après la destruction du temple dont Jésus parle au début du chapitre, voici les autres signes : verset 19 « la détresse », « thlipsis (V.24),verset 14 « l’abomination » de la désolation. Ces signes précéderont la venue du Fils de l’Homme, nous dit Jésus au verset 26.
Ces signes vont- ils vraiment advenir, sont-ils une métaphore? Le langage apocalyptique employé est le même que dans toutes les apocalypses – révélations juives. C’est un langage oriental. En réalité les signes dont parle Jésus sont une métaphore. Ces événements eschatologiques  sont bien là depuis que le monde existe, nous les vivons ici et là depuis des millénaires. Ils sont l’histoire de l’humanité.

Quand ils nous touchent comme vendredi, on a l’impression que l’on se rapproche de plus en plus vite de la fin des temps. C’est ce que devaient probablement penser les juifs à l’heure de l’holocauste. Il n’empêche, elle dure cette fin du monde-là !

Finalement la parole de Jésus me réconforte qui nous dit au verset 32: « pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait . » Oui cela m’arrange bien de ne pas savoir.

Mais est-ce bien de la fin du monde qu’il s’agit ?

Est-ce la fin du monde que prédisent certains fondamentalistes qui nous invitent à veiller et prier, ou qui, tel le savant fou Phillipulus dans l’album de Tintin « L’étoile mystérieuse » qui parcourt les avenues avec son gong en annonçant le cataclysme imminent ?

Les disciples sont trop impatients, ils veulent des détails, tout comme nous aussi nous voudrions tout savoir. Jésus nous dit aussi de faire attention : « soyez sur vos gardes ! » verset 23. «Si quelqu’un vous dit alors : le Christ est ici ou il est là, ne le croyez pas. », verset 21 Il faut se méfier des ceux qui donnent des renseignements trop précis. Ne soyons donc pas les dupes des faux prophètes. Il est significatif de constater l’actuel succès des diseuses de bonne aventure, même un ancien et célèbre président de la République avait recours aux services de l’une d’entre elles !

                                
II-        Ce que nous attendons

Dans la parabole du figuier, (versets 28-37) Jésus nous dit : « lorsque vous verrez ces choses (tota) arriver, sachez que le Fils de l’Homme, est proche, à la porte.  Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. »
Alors qu’attendons-nous ? La fin du monde, de l’existence humaine,  retour de Jésus, le règne de Dieu sur terre ?

Nous l’avons vu, la fin du monde, comme nous l’entendons couramment est déjà là, inscrite dans l’aujourd’hui de notre existence. Selon la formule du théologien Bornkamm, spécialiste du Nouveau Testament à Heidelberg : « Le Règne de Dieu est caché et c’est ainsi qu’il faut le croire et le comprendre. Non pas, comme l’entendaient les auteurs d’apocalypses, dans l’au-delà du ciel et dans le secret d’un avenir plein de mystères, mais ici même, caché dans un présent tout quotidien, où personne ne voit ce qu’y s’y déroule déjà. Tel est le thème des paraboles sur le Royaume de Dieu. »

Oui, nous sommes bien dans l’histoire. Il s’agit de la fin des temps mais pas comme nous nous l’imaginons. Jésus nous livre ce qu’est ou plutôt qui est le point final de l’histoire. C’est la seconde venue de Jésus, la « Parousie » du Fils de l’Homme. Je cite à nouveau le verset 26 : « Alors on verra le Fils de l’Homme venant sur des nuées avec une grande puissance et avec gloire.  Nous changeons de perspective. Ce n’est plus les guerres, les cataclysmes qui sont le quotidien de notre humanité qui sont la fin de l’histoire. La seule fin, c’est la venue du Fils de l’Homme. Oui, Jésus, c’est lui l’oméga, la fin.

Alors qu’est-ce que cette annonce implique pour nous, disciples de Christ ?

III-     Notre attitude de chrétien

Jésus a accepté, assumé son humanité, sans condition lui qui dit ne pas savoir quand tout cela doit arriver. « personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul. » Autrement dit Jésus se positionne dans la posture du croyant. Il fait confiance au Père. Il est notre modèle.

Nous aussi nous devons assumer notre humanité, Jésus est allé au bout de la sienne. Il a passé les trois dernières années de sa vie à prier, veiller souvent seul dans la montagne, il a aussi parlé aux foules et guéri les malades.

Notre ministère n’est donc pas de chercher à savoir quand sera la fin, ou de vouloir percer le mystère eschatologique, de chercher le jour et l’heure du second avènement de Jésus. Lui-même n’a pas essayé qui s’en remettait à son Père.

Nous sommes fils du dieu vivant, nous devons accepter comme Jésus de partager avec nos frères et sœurs ce que nous apporte l’Evangile et ce qu’il transforme en nous.

La Bonne Nouvelle change nos vies, radicalement, vraiment. Il nous apporte la vraie joie, la vraie confiance, le vrai bonheur. Malgré le fait que la vie ne nous épargne pas plus que les autres, nous savons que nous ne sommes pas seuls, que, chaque jours nous sommes accompagnés par le Père.

Oui, c’est donc bien à ce ministère de témoignage que nous sommes appelés.
Notre vocation de chrétien se trouve ici et maintenant, dans notre quotidien auprès de ceux qui nous sont proches mais aussi auprès de ceux qui n’ont pas la chance de connaître la Bonne Nouvelle.

Ne cédons pas au doute, à l’angoisse face aux malheurs que nous connaissons, face aux signes qui parfois nous terrifient.

Albert Schweizer disait dans Ma vie ma pensée : "Lorsqu'on me demande si je suis pessimiste ou optimiste, je réponds qu'en moi, la connaissance est pessimiste, mais le vouloir et l'espoir sont optimistes." 

Soyons donc de simples témoins de Jésus-Christ ressuscité, soyons positifs, soyons des consolateurs animés de compassion, soyons optimistes, soyons fidèles à notre baptême, soyons des veilleurs actifs.

Amen !


Georges d’Humières

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