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vendredi 1 janvier 2016

Triste fin d'année! Décès de Jean-Jacques le 24/12/2015 et culte de consolation le 29/12



Jean-Jacques


Décès inattendu d'un de mes amis d'enfance, Jean-Jacques Poirrier à Garches le 24 décembre dernier.
Qui aurait pu dire que je conduirai le culte de consolation pour la famille de mon ami d'enfance?
Ci-dessous voici le texte de ma prédication et du culte que j'avais préparés:

Prédication:
In memoriam Jean-Jacques Poirrier – 2015-12
1 Co 13 : 4-8a

Chère Sue, chers Anne, Caroline et Christophe, chères Geneviève et Isabelle, chers amis,

Avant de commenter le texte biblique en quelques mots et de vous livrer mes réflexions sur la séparation, la consolation et l’espoir, je voudrais commencer par un témoignage.

Mes chers amis, qui aurait dit qu’un jour, j’aurais la tâche pesante et triste de préparer ce moment de recueillement, de mémoire et de consolation pour Jean-Jacques, mon ami d’enfance. Rendez-vous compte, 53 ans d’amitié, 53 ans d’amitié auxquels je n’ai pas cessé de repenser depuis le 24 décembre.

J’ai connu Jean-Jacques au lycée Carnot, en quatrième. Nous avons tout de suite sympathisé. J’aimais ce garçon plein d’entrain, ouvert, sensible et dont la vie d’adolescent était tellement similaire à la mienne.

Après le bachot, en droit tous les deux, sans nous consulter, nous sommes l’un et l’autre partis aux USA pour continuer des études. Lui à Columbia et moi à Burlington. Je suis rentré, lui est resté là-bas, sans doute plus sensible que moi aux charmes de l’université américaine mais surtout et à d’autres charmes, ayant trouvé l’amour auprès de Sue.

Nous nous sommes quittés célibataires, puis nous nous sommes retrouvés quelques années plus tard, mariés et pères de famille, avec des épouses aimantes, charmantes qui ont tout de suite sympathisé.

La vie professionnelle qui nous a séparés n’a pas altéré notre amitié. Nous avions des moments de rencontre pendant lesquels nous évoquions les bons moments passés mais aussi où nous partagions nos préoccupations professionnels nos métiers étant pratiquement les mêmes dans des institutions concurrentes.

Puis un jour, à l’occasion du retour à Londres puis à Paris, nous avons pu nous retrouver plus souvent et vivre de grands moments de partage soit dans l’intimité, seuls avec J-J et Sue, soit lors de cérémonies familiales ou des anniversaires, soit dans de mémorables soirées avec mes amis dont certains sont ici.

Je garde vivant en mon coeur le souvenir d’un ami drôle, lui aussi un peu vieille France, tout comme il avait l’habitude de me qualifier, un peu à côté des idées convenues, du politiquement correct. J’aimais son humour décapant, vif, incisif, au 2e ou 3e degré. Humour caustique qui laissait entrevoir une certaine ironie face à la vie.

Plus qu’un homme de foi, c’était un homme en recherche qui n’évitait jamais les questions liées au sens de la vie, à la transcendance. Il était curieux des réponses apportées, mais elles ne lui suffisaient assurément pas.

Oui, Jean-Jacques, tu me manques, tu nous manques.

Mais, vois-tu c’est là tout le mystère, tu n’es plus physiquement là, mais tu n’es pas parti. Tu es là avec nous. Dans nos coeurs, nos esprits. Oui voilà un mystère sur lequel je reviendrai.

Ceci me fait revenir au texte biblique et à ce que je voudrais aussi partager avec vous tous chers amis.

Je ne vais pas relire la péricope que nous venons d’entendre. Elle parle d’amour. Que dire sur l’amour ? Pour la circonstance, Je ne retiendrai que cette phrase des versets 7et 8a: l’amour « pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L’amour ne meurt jamais.»

L’amour pardonne tout. 
Oui il nous faut pardonner. Quand on aime, on ne peut retenir les mauvais moments, on ne peut mettre notre chagrin à charge de l’être aimé qui est parti. Est-ce son choix ? Ne l’est-ce pas ? Qui sait. Qui peut dire ce qui a pu arriver. Ce qui devait arriver est arrivé, c’est tout.

Mais Jean-Jacques n’était pas du genre à tourner le dos aux problèmes, c’était un garçon combatif, je peux l’affirmer. S’en aller froidement, ce n’est pas lui, ce n’est plus lui. La maladie a eu raison de lui, ça bien sûr, nous pouvons le dire. Alors oui, pardonnons son départ prématuré qui nous a tous blessés et qui nous a plongés dans des interrogations auxquelles jamais nous ne pourrons répondre.

L’amour croit tout. 
Malgré le doute qui peut nous assaillir ces derniers jours, nous pouvons croire à l’amour de ce mari, de ce père, de ce frère de cet ami, comme il a certainement cru au nôtre, Pour lui avoir parlé il y a quelques jours, je sais, et je peux affirmer qu’il aimait sa relation avec nous tous avec Sue, avec ses enfants, sa famille et avec ses amis. Là n’était pas le problème. Oui, si notre amour est grand alors nous croyons que Jean-Jacques était celui que nous avons connu dans les meilleurs moments. C’était un homme élégant, honnête, responsable, amusant, profond et joyeux compagnon. L’amour croit tout, assurément.

Je vais volontairement inverser les termes suivants de la péricope.

L’amour supporte tout. 
C’est peut - être ce qui est le plus difficile à entendre. Supporter tout. Comment supporter la maladie qui ne guérit pas, comment supporter les moments de découragement, les moments d’incertitude, puis comment supporter le chagrin, le dépit au nom de l’amour? Là ; c’est le protestant libéral qui répond. Et pardonnez-moi mon matérialisme. Je ne crois pas que l’amour supporte tout comme cela, simplement parce qu’il est l’amour dont parle les Ecritures, simplement parce que c’est une déclinaison d’un commandement de Dieu. En revanche je crois que l’amour est une alchimie de sentiments qui génèrent les endomorphines. Comment se fait-il que deux amoureux ne voient pas les défauts de l’autre ? Ce sont les endomorphines qui masquent les aspects négatifs qui pourraient se révéler chez l’autre ou dans la relation amoureuse. Et bien je crois que toute la vie, jusqu’à un certain point, l’être qui aime peut avoir une capacité à endurer, supporter ce qui ne va pas. C’est ainsi que si nous aimons Jean-Jacques, nous pouvons supporter son désarroi face à la vie, son déni de son état, Supporter son départ c’est le faire vivre en nous, parce que nous l’aimons.

L’amour espère tout.
Il nous permet d’espérer que Jean-Jacques a enfin trouvé la paix qu’il n’avait plus et dont l’absence le minait sans doute depuis longtemps. Cet homme tout en retenue, pudique au point de ne pas faire paraître son mal-être, cette posture qui m’est familière du « never explain - never complain », l’a conduit au désespoir, c’est-à-dire à l’absence d’espérance et probablement à l’abolition du juste discernement. Il a tu son mal-être pensant ainsi préserver ses proches, leur épargner de connaître les difficultés qui le rongeaient. Ce faisant il s’enfermait dans un silence qui ne faisait qu’aggraver sa santé. Espérer qu’il a trouvé la paix, c’est encore aimer notre frère Jean-Jacques.
Oui l’amour nous permet d’espérer. L’amour de l’Eternel, bien sûr, qui est présent et qui réchauffe le coeur du croyant. Mais aussi l’amour que nous avons les uns pour les autres. Il nous permet de tout espérer, la consolation de n’être pas seuls, la consolation de garder Jean-Jacques dans nos coeurs et de l’y savoir présent. La consolation pour Sue d’avoir l’amour de ses enfants et petits-enfants, la consolation des enfants d’avoir une maman merveilleuse, de beaux enfants, un bel avenir, la consolation pour Isabelle et sa soeur de savoir l’épouse de leur frère et ses enfants bien dans leur vie de grand-mère, de parents, de savoir que leur frère est toujours près d’elles et qu’elles aussi sont entourées de leur famille. La consolation de savoir que la vie continue, qu’elle est certes parfois bien difficile, parfois bien triste, mais aussi qu’elle peut être belle, riche et heureuse, que rien n’est jamais fini .

L’amour ne meurt jamais. 
Là est le grand mystère dont je parlais plus haut et annoncé par Jésus. Mystère auquel je crois profondément et qui me conduit à vous laisser ce message d’espérance. La vie, nous savons ce qu’elle est, mais la mort, personne n’est revenu pour nous en parler. Nous n’en savons rien pas plus que sur l’au-delà et de ce qui peut s’y passer. Les théologiens, dans leurs longues lignées et leurs longs développements ont bâti toute une théologie autour du paradis et de l’éternité. Qu’en savent-ils ? Que leur en ont dit les Ecritures ? Le paradis n’est cité que trois fois dans le nouveau testament : dans Luc 23 : Jésus dit au larron: « aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » ; dans 2 Co 12 : Paul parle de parle de visions, dit qu’il ne sait pas, que seul Dieu sait , « s’il (Jésus) fût enlevé jusqu’au troisième ciel…jusqu’au paradis » ; enfin dans l’Apocalypse ,au chapitre 2, Jean parle de l’arbre de vie dans le paradis de Dieu.

Mes amis, le protestant que je suis, vous dit lui aussi qu’il n’en sait rien. Que toute cette théologie de la résurrection, du paradis et de l’Eternité oblige le vrai théologien, comme le scientifique à reconnaître qu’il sait qu’il ne sait rien. Ce n’est pas pour autant que je n’ai pas foi en l’Eternité. Oui, l’amour ne meurt jamais, oui il est éternel. Il est éternel en ceci que, pour le croyant que je suis, l’être aimé reste présent, vivant dans nos coeurs. Qu’il est là au plus profond, qui apporte chaleur et réconfort au moment de doute, de chagrin, de découragement, au moment de douleurs ou de solitude.

Il y a une alliance mystique entre le matériel et le spirituel, c’est ce qui fait la vie.

Sue, je peux affirmer que Jean-Jacques est vivant dans ton coeur, vivant matériellement et spirituellement. Tu as connu la proximité la plus intime avec Jean-Jacques, proximité créatrice de vie et inscrite de façon indélébile dans ton corps et ton âme. Il est vivant matériellement dans vos coeurs Anne, Christophe et Caroline et aussi dans ceux de Geneviève et Isabelle, vous qui êtes soeurs par le sang qui coule dans vos veines où l’ADN de Jean-Jacques est inscrit dans le vôtre, ADN inscrit pareillement dans sa descendance ; vivant spirituellement par le souvenir de l’amour réciproque. Il est vivant spirituellement dans le coeur de ses amis qu’il a aimé et qui l’aiment car il laisse une trace qui ne s’éteindra pas. C’est peut-être cela l’Eternité. Nos êtres aimés ne disparaissent pas, ils sont là bien au chaud en nous parce qu’ils nous aiment, parce que nous les aimons. Jean-Jacques est bien vivant par les empreintes d’amour qu’il laisse en nous tous, et nous en faisons un vivant car vous l’aimez, car nous l’aimons.

Oui l’amour ne meurt jamais, c’est là la source évidente de notre espérance.

Amen !

Georges d’Humières
29/12/2015


Culte de consolation
Jean-Jacques Poirrier – Garches, 29 janvier 2015

ACCUEIL
Que la paix soit sur nous tous !
Eternel, notre espérance est en toi. En cette heure de deuil et de séparation, tu es, par ton Esprit, avec chacun de nous.
Nous t’en prions, viens mettre ta paix dans nos coeurs blessés ; soutiens notre foi et fais-nous sentir, ici et maintenant, la force de ton amour.
Amen !
Accueil par Sue…
Transition Georges:
Cher Jean-Jacques, chers amis, par le poème « Demain dès l’aube… » de Victor Hugo qui sera lu par les enfants de Jean-Jacques, par ce poème que tu aimais , nous nous rappelons que tu étais un homme, un mari un père sensible touché par toutes les difficultés, les désespoirs que l’on peut rencontrer dans la vie . Avec ce poème qui évoque par ailleurs Villequier que tu aimais tant, tu es avec nous.
« Demain dès l’Aube les trois enfants »
Puis Georges:
Jean-Jacques, tu nous as quittés. Oui, nous sommes tous dans la peine.
Mais nous sommes tous ici pour nous souvenir avec reconnaissance de la vie que Dieu t’a donnée et pour soutenir, par notre amitié et nos pensées celles et ceux qui comme nous sont dans le deuil.
Ce temps qui nous rassemble est un temps de tristesse mais aussi un temps d’ESPERANCE
Nous nous recueillons.
Nous voici tous meurtris, désemparés, bien au-delà de ce que nous pouvons exprimer. Mais, comme nous sommes, nous partageons ensemble notre peine, nos doutes, notre sentiment de culpabilité ou d’incompréhension.
Eternel, nous voulons croire, chacun à notre manière, que ton amour gardera Jean-Jacques, ton fils. C’est pourquoi nous te le remettons avec confiance. Il a partagé nos découragements et nos joies, nos questions et nos certitudes, notre misère et notre espérance. Il a trouvé maintenant sa paix dans ta paix et son pardon dans ta grâce.
Et nous-mêmes, Père, nous poursuivons nos pas, sans lui.
Eternel, certains d’entre nous croient que tu es à chaque instant auprès de nous, mais en cette heure où nous éprouvons la douleur de la séparation, nous te demandons de nous faire sentir, tout particulièrement, ta présence à nos côtés.
Et, tous, croyants ou non-croyants , restons proches les uns des autres, afin que nous puissions nous soutenir maintenant et pendant les jours qui viennent.
SILENCE …
LECTURE DE LA BIBLE
Prions. Que l’Esprit de Dieu nous éclaire, pour que les mots de la Bible soient vraiment un message d'espérance. Ta Parole est force dans notre faiblesse, lumière dans notre nuit, vérité dans nos doutes, vie dans notre mort. Amen !
…/…
Texte :
En anglais puis en français : Corinthians : Corinthiens 13 : 4 – 8a (Lecture par les soeurs de Jean-Jacques)
Texte choisi par Sue ( choisi par elle et lu à sa messe de mariage).
MEDITATION PARTAGE : GEORGES
CONFESSION DE FOI
« Certains peuvent dire, oui, aujourd’hui, nous croyons en l’Eternel, en Jésus son fils qui console et pardonne et à l’Esprit qui nous fait vivre.
Mais nous disons aussi avec ceux d’entre nous qui doutent ou qui ne croient pas que, tous, croyants ou en recherche, agnostiques ou athées, nous croyons à la vie que nous mettons notre espérance en une vie meilleure, une humanité perfectible, plus généreuse , plus attentive , plus accueillante et plus fraternelle. »
SILENCE
TEMOIGNAGE ROGER
PRIERE D’INTERCESSION
Nous nous recueillons un instant… Prions.
Eternel, nous te remercions pour tout ce que tu nous as accordé à travers Jean-Jacques, ton fils. Nous te remercions pour ce qu’il a été; pour l’amour qu’il a donné et reçu, pour les joies qu’il a partagées, pour le travail qu’il a accompli et pour la vie éternelle qui lui est offerte.
Pendant les jours à venir, aide celles et ceux qui sont dans le deuil. Ne les laisse pas s’enfermer dans leur chagrin ; accorde-leur de pouvoir s’appuyer les uns sur les autres.
Nous pensons à celles et ceux qui, en ce moment même, partout sur notre terre, pleurent des êtres qui leur sont chers. Eternel , ne nous permets pas de rester insensibles aux souffrances que nous côtoyons chaque jour. Fais de nous des témoins de paix, de justice et d’amour.
Nous avons confiance. Que nous vivions ou que nous mourions, nous sommes avec toi et toi, notre Dieu, tu es avec nous.
NOTRE PERE (annoncé en anglais)
Now, let’s us say in french the prayer Jesus taught us; Our father thou art in heaven:
Notre Père …
BENEDICTION Irish benediction
May the road rise up to meet you. May the wind be always at your back. May the sun shine warm upon your face; the rains fall soft upon your fields and until we meet again, may God hold you in the palm of His hand.
Musique J. Loussier : Bach - concerto n°1 mi bémol
TRANSITION ROGER M-M
Musique J. Loussier : Bach - Invention
MOMENT CONVIVIAL

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Pour les moments musicaux, Roger Morizet-Mahoudeau et moi avons choisi Fauré et Bach.
Nous savions que J-J aimait ces versions.
Bach joué par Jacques Loussier version jazzy :
Choral en mi bémol 3’0I
Invention 2’40
Requiem Fauré 2’03
Libera me du requiem 4’06



Jean-Jacques et Sue à  Banyuls
Février 2013

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