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lundi 4 juillet 2016

Luc 10, 1-20- Prédication dimanche 3 juillet 2016. EPU Narbonne

Ma prédication  le dimanche 3 juillet 2016. au temple de l'Eglise protestante uie de Narbonne

Luc 10, 1-20

Servir, suivre Jésus, annoncer la Bonne Nouvelle, n’est-ce pas ce qui nous est demandé depuis notre baptême ? Pour les chrétiens qui veulent répondre à l’appel  reçu, qu’est-ce que cela implique ? Est-ce donc si facile de répondre, de vivre le chemin de la foi ?

C’est exactement ce à quoi répondent les deux textes que nous avons lus dimanche dernier et aujourd’hui.
Dimanche dernier, je le rappelle brièvement, nous avons lu qu’il fallait  être compréhensifs, patients, humbles, bienveillants et  que, face à l’appel de Jésus, il n’y a pas de préalable, pas de « d’abord », pas d’obligation à satisfaire de quelque ordre que ce soit : ni deuil, ni famille, enfin, qu’il  n‘est pas question de retour en arrière, pas question de se raviser. Répondre à l’appel de Jésus est exigeant.

Qu’ajoute le texte d’aujourd’hui ?

Chers amis, il n’améliore pas la sauce, si je puis m’exprimer ainsi.


Oui, « la moisson qui est grande » et, nous l’avons compris, elle est aussi exigeante, ceci explique qu’il y a relativement peu d’ouvriers.

Pour commencer, la mission du chrétien, le service  ne sont pas affaire de solitaire. Dans le texte nous voyons que les douze ne suffisent pas.

Alors Jésus va appeler soixante-dix/douze  disciples supplémentaires. Exactement comme dans les livres de l’Exode, des Nombres, et du Deutéronome, où soixante-dix anciens sont appelés, symbolisant sans doute tous les peuples de la terre dans la culture judaïque.

Par ailleurs, Jésus recommande aussi de visiter les hôtes deux par deux. Pourquoi ? L’adage dit que l’’union fait la force ! L’union ferait-elle véritablement la force ? N’est-ce pas plutôt sagesse ?  La Bonne Nouvelle n’est pas propriété d’un serviteur tout seul qui aurait La Vérité. Non, la Bonne Nouvelle ne peut s’expliquer, s’annoncer de façon univoque. Les discours de plusieurs ne peuvent justement que se compléter, se renforcer ou se préciser grâce à la parole multiple.

Quant au salaire,  qu’en est-il? Car « l’ouvrier mérite salaire ». Eh bien, ce sera juste ce qu’il faut. Sans plus. Juste de quoi manger pour vivre et pour se vêtir. Nous sommes loin des ambitions que tout travailleur bien constitué est en droit d’attendre aujourd’hui.  Pas de superflus. Nous sommes ici dans une économie raisonnée, totalement différente  de celle qui fait notre quotidien contemporain. Si nous avons l’amour du gain, de la puissance, de l’attrait des modes, suivre Jésus,  n’est vraiment pas un bon plan !


Et le tableau s’aggrave !

Jésus prévient : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. »

Car ce n’est pas fini, il peut y avoir échec. Et en cas d’échec, il faut partir. Pas de dispute, pas de bagarre. Maigre consolation, Jésus permet de râler, d‘avertir les réticents de ce qui les attend. Est-ce une façon d’apaiser le dépit ? Là aussi le message de Jésus n’est pas tendre ! Si l’annonce que le Royaume s’est approché  n’est pas reçue,  les disciples peuvent « secouer la poussière de la ville attachée à leur pieds, signe de rejet et de mépris.

Il y a de quoi avoir de l’amertume. Car enfin, de quoi s’agit-il ? Annoncer un message simple. Affirmer que  le Royaume s’est approché et prononcer des paroles de paix : « Que la paix soit sur cette maison ! » et de « guérir les malades ».  Existe-t-il une mission plus belle, un message plus facile à annoncer et à recevoir que la paix offerte, paix du corps et de l’âme ?

Même Jésus va lancer d’ailleurs une longue plainte, car il connaît l’échec, lui aussi : « Quel malheur pour toi, Chorazin ! Quel malheur pour toi, Bethsaïda ! Et même à Capharnaüm où il réside,  probablement chez Pierre, pas très loin de la synagogue. Capharnaüm que l’on aurait pu croire bénie et qui, dit-il « descendra jusqu’au séjour des morts. »

Assurément, quelle singulière vie que celle promise à ceux qui suivent Jésus !

Je résume.

Personne n’est propriétaire du message, la Bonne Nouvelle peut se comprendre différemment suivant les individus, la parole doit être annoncée à plusieurs. Il ne faut rien attendre d’autre que ce qui est juste  nécessaire pour vivre. Le disciple peut connaître l’échec.

Faut-il arrêter là, se dire que vraiment  la vie de celui que Jésus appelle n’est pas très enthousiasmante ?
C’est là où le texte fait tout basculer. Je m’explique.

Les disciples qui reviennent de mission remplis de joie. Paradoxal, non ? Ils reviennent heureux  car ils ont constaté que même les démons leur sont soumis. D’un point de vue humain, pouvoir lutter et vaincre les forces du mal, c’est encourageant, extraordinaire !

Là encore Jésus va donner une leçon supplémentaire à ses disciples.

Certes il leur a donné « l’autorité pour marcher sur les serpents, les scorpions sur toutes les puissances de l’ennemi. » De surcroît, «  rien ne pourra vous faire de mal » leur dit-il. Mais ce n’est pas ce qui doit les réjouir car, , c’est comme cela que je traduis, la puissance de guérison et le pouvoir sur le mal peuvent être aussi source de chute car le succès peut entraîner la satisfaction et l’orgueil. Les œuvres ne sont que la manifestation de la tendresse de Dieu pour l’homme.

Ce que je comprends, c’est que c’est  Dieu qui agit à travers des œuvres des disciples de Jésus.

Jésus conclut que la vraie source de réjouissance, la seule qui vaille, c’est que les noms des disciples, de ceux qui le suivent  sont inscrits dans les cieux. C’est le salut qui est annoncé qui est la Bonne Nouvelle, c’est de cela que les disciples doivent se réjouir et uniquement cela.

Suivre Jésus, le servir, c’est ce qui nous est demandé à nous, chrétiens. La mission, le service sont difficiles, ils sont porteurs de joies éphémères  bien humaines auxquelles il ne faut ni s’attendre, ni s’attacher. En revanche, oui, réjouissons-nous, Jésus l’a dit, et c’est là ma foi, nos noms sont inscrits dans les cieux.*

Georges d’Humières

*Calvin Institution chrétienne Livre III, XXIV,9 , commentant Lc 10,20 et Ph 4,9
« …selon le témoignage de Jésus-Christ, les noms des enfants de Dieu ont été enregistrés dès le commencement dans le livre de vie. »

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