Objet du blog

Ce blog présente principalement des articles sur les actualités concernant les religions, la spiritualité protestante, la culture et la langue occitanes, l'actualité personnelle et familiale. On peut aussi s'y trouver quelques billets d'humeur...

Aquel blòg presenta principalament d'articles sus las actualitats pertocant las religions, l'espiritualitat protestanta, la cultura e la lenga occitanas, l'actualitat personala e familiala. Se pòdon trobar qualques mots bilhetas d'umor...

samedi 23 décembre 2017

Traité d'Hippolyte de Rome contre l'hérésie de Noët


La notice d’Hippolite de Rome contre les Noétiens — les disciples de Noët —, représente la dernière partie de son Syntagma, ouvrage aujourd’hui perdu. 

Hippolyte y contredit ceux qui, à l’instar de Noët à Smyrne, affirment l’existence d’un principe premier unique aux dépends d’un autre donné fondamental de la foi chrétienne, à savoir que Dieu est trine.
Une manière hétérodoxe de préserver l’unicité de Dieu est en effet de dire que le Père et le Fils ne sont que des modes d’une même divinité. Le Fils n’est en définitive qu’une apparence sous laquelle le Père vient à nous pour nous sauver. Il ne possède aucune personnalité propre.
En menant ce raisonnement jusqu’au bout, ce que fit Noët, il est possible de conclure que c’est le Père qui a souffert sur la croix.
Cette position extrême est appelée le patripassianisme.
Noët défendait cette doctrine en deux temps. Il se référait d’abord à des passages de l’Écriture qui manifestaient l’unité de Dieu (Ex3, 6 ; 20, 3 ; Is 44, 6 ; 45, 14-15 ; Ba 3, 36-38) pour aboutir, à partir d’autres références scripturaires (Jn 10, 30 ; 14, 8-10), à l’identification du Père et du Fils.
Cette doctrine avait l’avantage d’être simple, claire, accessible à tous, ce qui était loin d’être le cas de la théologie du Logos qui présupposait une certaine culture pour être accueillie.

Je présente ci-dessous un extrait du traité d'Hippolyte de Rome contre cette hérésie; c'est la deuxième lecture de l'office des lectures d'aujourd'hui dans le livre d'heure des catholiques.
GH

TRAITÉ DE SAINT HIPPOLYTE DE ROME CONTRE L'HÉRÉSIE DE NOET


« Le mystère aujourd'hui manifesté... »

Il y a un seul Dieu. Nous ne le connaissons pas autrement, frères, que par les saintes Écritures. ~ Par conséquent, voyons tout ce que proclament les divines Écritures et reconnaissons tout ce qu’elles enseignent. Croyons le Père comme il veut être cru ; glorifions le Fils comme le Père veut qu’il soit glorifié ; et recevons le Saint-Esprit comme le Père veut qu’il soit donné. Ne voyons pas selon notre propre choix, ni d’après notre propre intelligence, ni en faisant violence aux dons de Dieu, mais de la façon que lui-même a voulu indiquer par les saintes Écritures.

Dieu qui était seul, et pour qui rien n’était contemporain de lui-même, décida de créer le monde. Par son intelligence, sa volonté et sa parole, il fit le monde et il eut aussitôt les créatures qu’il voulut, quand il voulut, comme il voulut ; il nous suffit de savoir seulement que rien ne fut contemporain de Dieu, en dehors de lui-même.

Mais, tout en étant seul, il était multiple. Car il n’était pas sans parole, sans sagesse, sans puissance ni décision. Tout était en lui et il était le Tout.

Quand il le voulut, comme il le voulut, il manifesta sa Parole au temps fixé par lui-même, ~ cette Parole par laquelle il a tout créé.

Sa Parole, qu’il tenait en lui-même et qui était invisible au monde créé, il la rend visible. Tout d’abord, il la profère comme une voix, il l’engendre comme la lumière issue de la lumière, il envoie comme Seigneur pour la création sa propre intelligence. Et celle-ci, qui était d’abord visible à lui seul et invisible au monde créé, il la rend visible, afin que le monde, en voyant cette épiphanie, puisse être sauvé. ~ Telle est l’intelligence de Dieu : en entrant dans le monde, elle se montra le serviteur de Dieu. Tout fut par lui, mais lui seul est issu du Père. ~

Dieu a donné la Loi et les Prophètes et, en les donnant, il les a forcés, par l’Esprit Saint, à parler, en sorte qu’ayant reçu l’inspiration de la puissance du Père, ils annoncent la décision et la volonté du Père. ~

La parole de Dieu, son Verbe, s’est donc manifestée, comme dit saint Jean. En effet, il récapitule les paroles des prophètes en montrant que c’est lui, le Verbe, par qui tout a été fait. Il parle ainsi : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut de ce qui existe. Et saint Jean dit plus loin : Le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

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mardi 19 décembre 2017

AL MUSÈU TE PAPA

 PAPIERÒT MENERBÉS (in La Semaine du Minervois, 14/12/17)

AL MUSÈU TE PAPA

Quand passaretz per Wellington (Nòva-Zelanda), sustot vos cal anar vistalhar lo musèu Te Papa Tongarewa (Tresaurs de nòstra tèrra) dedicat per una brava part al pòble maori. E òc, lo musèu es consacrat a la Nòva-Zelanda de las originas a uèi. Musèu nacional, foguèt dobèrt en 1998, : i caldriá passar tranquillament mai d'una jornada per espepissar totes los documents, gaitar las videòs e escotar musicas e testimoniatges (pro de comprene coma cal l'anglés o lo maori !).

Unas salas presentan la Natura, flòra e fauna, en insistent sus las bèstias autoctònas que d'unas se trapan pas brica sus d'autres continents. Doblidan pas d'evocar los problèmas grèus nascuts de l'arribada e de l'importacion dels animals europèus. Veiretz tanben dins son banh de glicòl lo mai grand calamar del monde. D'unas bèstias vengudas ara pichonas foguèron grandarrasas als bèls temps passats. 

Una part de las salas espepissa la geologia, las erupcions volcanicas e tèrratremols qu'una linha de fractura e de rescontre de placas tectonicas travèrsa lo país e que Wellignton se trapa sus aquesta linha. Un pichon pargue presenta las plantas del país. 

Las paginas negras de l'arribada del capitani Cook son pas amagadas (aquò foguèt un massacre : los fusilhs respondèron als presents que los Maoris comptavan d'ofrir a aquel monde vengut d'endacòm mai). Lo sègle 19 vegèt una cordelada de conflictes entre lo poder britannic e los Maoris : aquò s'acabèt per un tractat de patz (lo Tractat de Waitangi) que los reconeguèt coma subjèctes de Sa Majestat e que lor i autrejgèt unes dreits sus las tèrras. 

Tot un estatge es consacrat a la cultura maori : objèctes, barcas (una piròga longarrasa : waka. E non, lo monde èra pas embarrat dins sos vilatjòts : una carta mòstra los viatges e los escambis entre Nòva-Zelanda, Asia e Polinesia. Apuèi, se trapa monde per dire qu'aquelas contradas an pas d'istòria), un ostal comun (marae) es reconstituit. Las cresenças, los rapòrts als aujòls e a la Natura (que mena tot : la tèrra-maire) son larjament presentats e comentats. Lo bilinguisme anglés-maori es pas general, mas plan present suls panèus e dins los enregistraments. Los dròlles se veson proposar activitats ludicas o educativas o las doas a l'encòp.

Aquela fòrta cabuçada dins l'istòria e dins l'imaginari empacha pas de pausar las questions d'actualitat (coma las migracions novèlas amb los pòbles de Pacific o monde d'endacòm mai) son presentadas sens amagar los problèmas pausats. Lo musèu explica atal un territòri dins totas sas dimensions, mas tanben dins l'encastre d'una dobertura sul monde. Sèm pas dins nòstres musèus de las arts e tradicions popularas que viran plan sovent a l'engaumit (Bon, veirem plan çò que ne serà del Museon Arlaten quand tornarà dobrir d'aicí 2020). Mas nos podèm plan pausar la question : ont se trapa lo musèu viu de la cultura occitana ?
Mana Roch
• Per ne saber mai : https://collections.tepapa.govt.nz

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Les risques majeurs de la croissance des inégalités dans le monde

Les risques majeurs de la croissance des inégalités dans le monde
Chronique de Bernard Ginisty du 20 décembre 2017

         Dans une tribune publiée  en juillet 2009 dans le journal Le Monde, l’ancien Premier Ministre, Michel Rocard analysait ainsi le rôle des institutions financières dans la crise mondiale : « En trente ans, c’est une révolution intra-capitaliste qui s’est faite, et pour le pire. Le motif de changement majeur est tout simple : dans le monde bancaire, c’est une avidité démesurée, une orientation viscérale vers la recherche de la fortune, qui explique aussi bien l’extension vertigineuse des produits dérivés que les invraisemblables niveaux de rémunération, comme la tendance évidente à la tricherie et à l’immoralité ». Ces dérives du monde bancaire traduisent un changement de mentalité qu’il caractérise ainsi : « les classes moyennes supérieures des pays développés sont en train de renoncer à l’espoir d’arriver à l’aisance par le travail au profit de l’espoir de réaliser des gains en capital rapides et massifs, bref de faire fortune.  Ce comportement sociologique est incompatible avec le bon fonctionnement et surtout la stabilité du système ». Déplorant que « peuples et gouvernements esquivent le fonds du problème », il concluait ainsi son propos : « Si le détonateur financier – puisqu’on est en train de préserver le système bancaire y compris ses facteurs de déséquilibre – réexplose, il frappera des économies encore plus fragiles et anémiées. Il y a du souci à se faire, je suis désolé de ne pas savoir m’en cacher » (1).
         Plus de 8 ans après, le rapport sur les inégalités mondiales 2018, alimenté par un vaste réseau d’une centaine de chercheurs couvrant près de 70 pays, confirme hélas les prévisions pessimistes de Michel Rocard (2) Deux des responsables de l’étude Thomas Piketty et Lucas Chancel déclarent : « Nos données montrent que la tendance inégalitaire des trente dernières années a pris des proportions excessives et néfastes » (3). On apprend, dans ce rapport, que depuis les années 1980 le 1% des personnes les plus riches du monde ont capté 27% de la croissance du revenu, contre 12% pour les 50% les plus pauvres de la planète. Aux Etats-Unis, l’imposition des plus hauts revenus a été divisée par trois sous Reagan avant de se stabiliser. Parallèlement, le pouvoir d’achat du salaire minimum américain a baissé de 25% en cinquante ans.  Dans ce pays, 1% des plus riches détiennent 39% du patrimoine des ménages en 2014 contre 22% en 1980. Le rapport note que  l’Europe est la région du monde où les inégalités ont le moins progressé. « Cela tient beaucoup au modèle social instauré après la seconde guerre mondiale, fait d’un système de redistribution généreux et d’une fiscalité plus progressive. Mais aussi à des politiques salariales plus favorables aux classes populaires et à un système d’éducation relativement égalitaire ».
         En cette période de Noël qui se veut la fête de l’enfance, il serait utile de méditer le texte de Denis Clerc, fondateur de l’hebdomadaire Alternatives économiques, intitulé : Le drame de la pauvreté des enfants. A ses yeux, les enfants pauvres sont des « victimes désignées » de ce système inégalitaire : « naître dans une famille pauvre implique par la suite de grandir dans une famille pauvre, car sortir de la pauvreté est relativement assez peu fréquent». Dès lors, « Ne pas mettre en œuvre tout ce qui est possible pour que les enfants pauvres sortent par le haut de la nasse dans laquelle ils se trouvent, ne serait ni juste, ni intelligent. Emile Durkheim, le fondateur de la sociologie moderne, nous donne la clé de ces choix implicites. En 1893, il écrivait : « (…) Pour que les hommes se reconnaissent et se garantissent mutuellement des droits, il faut d’abord (…) que, pour une raison quelconque, ils tiennent les uns aux autres et à une même société dont ils fassent partie » (4).

(1)Michel ROCARD : Les Européens ont voté pour que la crise continue. Peuples et       gouvernements esquivent le fonds du problème in Le Monde du 7 juillet 2009, page 20.
 (2) Ce rapport est le premier produit par le Laboratoire sur les Inégalités Mondiales  basé à l’Ecole d’Economie de Paris. Il sera actualisé tous les deux ans. 
 (3)Entretien dans le cahier Éco&Entreprise du journal Le Monde du 15 décembre 2017, page 3.
 (4) Denis CLERC : Le drame de la pauvreté des enfants  www.alternatives-economiques.fr/denis-clerc. Dans le dossier du journal Le Monde sur le rapport précité, Branko Milanovic, enseignant à la City University of New York publie un texte intitulé :Un risque de désarticulation sociale  où l’on peut lire ceci : « Des sociétés dans lesquelles cohabitent des gens aux revenus et schémas de consommation extrêmement différents peuvent-elles rester stables et démocratiques ? De telles sociétés n’auraient-elles pas tendance à exacerber les caractéristiques de ce qui était autrefois considéré comme le fléau du tiers-monde, à savoir la désarticulation sociale, avec une couche supérieure prospère parfaitement intégrée à l’économie mondiale et des couches inférieures stagnantes, progressivement dépassées par les classes moyennes des économies émergentes ? C’est là, me semble-t-il, la question essentielle que devraient se poser les responsables politiques des sociétés  riches actuelles » page 5.
           
  


dimanche 17 décembre 2017

"Témoigner." Ma prédication du 3e dimanche de l'Avent à Narbonne


Témoigner : 1 Thessaloniciens 5, 16-24 ; Jean 1, 6-8, 19-28
Prédication du 3e dimanche de l'Avent - Narbonne

Mes chers amis,

Le beau prologue de Jean m’a toujours beaucoup intéressé et fait réfléchir. Et  il m’a toujours été source de méditation.

Les disciples de Jean le Baptiseur ont longtemps hésité entre lui, le Précurseur et Jésus, même après sa mort.

Dès le début du prologue, Jean nous donne des indices pour nous aider : « Il n’était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. »

Le témoignage de Jean le Baptiseur a dû entraîner de l’étonnement  et des questions d’autant plus pressantes qu’il répondait à des pharisiens, sacrificateurs et à des Lévites envoyés, mandatés pour s’informer et qui étaient intrigués par cet homme qui dérangeait.

« Toi, qui es-tu ? »

Leurs questions sont pertinentes, directes, précises. Jean-Baptiste est amené à récuser les trois questions. Il répond sans ambages :

- il déclare que non, il n’est pas le Christ
- il n’est pas non plus Elie, celui qui doit inaugurer les derniers temps
- il n’est pas le prophète comme Moïse, le prophète censé renouveler les prodiges de l’Exode, celui dont Moïse disait dans le Deutéronome au chapitre 18,15 : «L’Eternel ton Dieu, te suscitera du milieu de toi, d’entre tes frères, un prophète comme moi : vous l’écouterez ! » et encore au verset 18 : « je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche, et leur dira tout ce que je leur commanderai. »

A la question une fois posée une nouvelle fois, Jean va finalement répondre en citant Esaïe 40,3 : «  Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur ! »

Oui ! Jean est une voix ! Une simple voix. Il est un simple porte-parole, rien de plus. Il est en service commandé. Il n’est pas maître mais serviteur. Au service du message qu’il doit délivrer à tous.

De nouveau pressé de questions après ses dénégations, Jean va renvoyer sans se lasser, à plus haut, plus grand que lui : « au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi ; je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers »(v .28).

Ainsi révèle-t-il Jésus, l’envoyé de Dieu, le Messie, celui qui se cache dans un homme ordinaire : Jésus de Nazareth. Telle est sa mission.

Le témoignage de Jean-Baptiste est touchant, c’est celui de l’humble serviteur, prêt à s’agenouiller devant le Messie.

De ce récit, nous pouvons tirer plusieurs conclusions : Jean est envoyé pour annoncer, il a une mission : celle de servir de témoin. Son témoignage est simple, bref, précis, empli d’humilité. Il aurait pu faire valoir la notoriété qu’il avait acquise au bord du Jourdain lorsqu’il   baptisait d’eau. Mais non ! Au contraire, il s’efface devant celui qu’il annonce, celui qui vient.

Aujourd’hui, pour nous chrétiens, disciples de Christ, par notre baptême, nous sommes aussi appelés à témoigner auprès de notre proches, dans nos familles, auprès de nos enfants de nos petits-enfants, de nos amis, auprès de ceux qui nous interrogent sur notre foi.

C’est notre vocation, notre mission, car,  sans notre témoignage, qui recevra Christ, qui le connaîtra ?

Et il me vient une idée : pour être sinon entendu, du moins écouté, notre témoignage doit être suscité, voulu par nos interlocuteurs. Jean répond à des questions qui lui sont posées. C’est aussi ce que nous devrions tous faire. Trop souvent les chrétiens n’ont pas attendu les questions et ont délivré un message qu’ils imposaient sans s’embarrasser.

Le message sera d’autant plus reçu que nous aurons été questionnés.
Mais bien sûr, les questions ne peuvent venir qu’à  condition que notre comportement provoque de l’intérêt, de la curiosité voire de la sympathie sinon de l’envie. Et c’est là que j’en arrive à la deuxième partie de ma méditation.
Comment susciter de  l’intérêt, provoquer la curiosité de personnes qui souvent ne sont pas forcément en recherche ou bien au contraire, tels les sacrificateurs et les Lévites, sont campés sur leurs certitudes, leurs dogmes , une foi acquise qui ne se remet jamais en question ?

Paul nous donne trois  pistes dans la première lettre aux Thessaloniciens :
Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses.
Je ne retiendrai que ces trois premiers versets de la péricope que nous avons lue.

Soyez joyeux !
Le monde d’aujourd’hui est terrible, difficile, dangereux.
Albert Camus disait : « Il faut créer le bonheur pour protester contre l’univers du malheur. » et Nietzsche affirmait qu’il ne deviendrait chrétien que le jour où il rencontrerait des chrétiens montrant  des figures de ressuscités. Comment témoigner de la Bonne Nouvelle du salut si nous sommes tristes, grincheux, énervés, agressifs ? La joie est évangélique et elle se partage, elle est contagieuse.

Priez sans cesse !
La prière et la joie sont liées l’une à l’autre. Paul l’a bien compris qui ne les sépare pas. Et les verbes sont à l’impératif. C’est inévitable, ces deux-là sont liées et consubstantielles. La prière ne peut entraîner et alimenter la tristesse, elle ne peut qu’apporter la joie puisqu’elle nous approche de Dieu ; par elle, nous entrons dans l’intimité de Dieu et Lui nous rejoint dans la nôtre. Dès lors nous sommes mus par des forces qui nous dépassent.

Rendez grâces à toutes choses !
Rendre grâce est aussi sujet d’interrogation. Si ce que nous avons reçu par notre baptême, la grâce de la foi n’est pas un sujet de gratitude, si nous ne rendons pas grâce, joyeusement, quel est le témoignage que nous voulons porter ? Montrer joie et gratitude ne peuvent que provoquer l’intérêt, les questions et permettre à l’autre, celui  qui nous écoute, nous voit, celui qui nous côtoie,  de s’ouvrir et recevoir le message d’amour et de paix dont lui aussi pourrait tirer une vie renouvelée et joyeuse.


Je voudrais terminer en citant Paul dans sa lettre aux Romains.
Au chapitre 10, 14b-15, Paul écrit  « Et comment croiront-ils en celui dont ils ont entendu parler ? Et comment entendront-ils parler, s’il n’y a personne qui prêche ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s’ils ne sont pas envoyés ? »
L’Eternel par notre baptême nous envoie tous en mission, comme les prophètes, comme Jean Baptiste. Baptisés, nous sommes tous missionnés à notre niveau, tels que nous sommes. Nous sommes tous des témoins: en paroles ou en actes et, de préférence, en paroles et en actes, là où nous sommes, comme nous sommes, avec nos talents et nos manques.

Alors, oui mes chers amis, rendons grâce pour notre baptême, rendons grâce pour la fête de Noël qui approche. Montrons de l’entrain et de la joie, prions sans cesse l’Eternel de nous donner comme à Jean Baptiste de la force, du courage, de l’humilité, de l’endurance dans l’engagement et dans la prière. Que notre joie soit source de joie.

Oui ! Témoignons de la Bonne Nouvelle, témoignons de Jésus qui arrive parmi nous à Noël !

Rayonnons de joie ! Amen !

Georges d’Humières!




Lien avec le site de l'église protestante unie de Narbonne:
 http://erf-narbonne.over-blog.com/tag/predications/

mardi 12 décembre 2017

Jean d'Ormesson. LGL France 5


Un moment de télévision très intéressant: les florilèges "Jean d'Ormesson" au petit écran dans l'émission "LGL" La grande Librairie.

https://www.mycanal.fr/decouverte/la-grande-librairie/h/6565516_50074


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En camin cap a Nadal... Zacaria 9, 9


Trefolís, Filha de Sion!
Buta l'aclamacion, Filha de Jerusalèm:
Veja que ton rei t'arriba!
Aiceste, qu'es just, es estat sauvat*.
Umil es sus un ase qu'es a caval,
sus un asenon**, lo pichon d'una sauma!

Zacaria 9, 9

Bíblia, Ancian Testament - Joan Roqueta-Larzac , Letras d'òc - 2013 

* Altra revirada( Jòrdi d'Humières) : "Aiceste qu'es just, es victoriós" ; ** asenon: "asiron" 

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En route vers Noël...Zacharie 9, 9


Sois transportée d'allégresse, fille de Sion!
Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem!
Voici, ton roi vient à toi;
il est juste et victorieux,
il est humble monté sur un âne,
Sur un âne, le petit d'une ânesse.
Zacharie 9, 9

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samedi 9 décembre 2017

Jean d'Ormesson


Eloge funèbre  par Emmanuel Macron 8/11/2017 Hôtel des Invalides- Paris

«Messieurs les présidents, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Mesdames et Messieurs les académiciens, Mesdames et Messieurs les membres du corps préfectoral, Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique, chère Françoise d'Ormesspn, chère Héloïse d'Ormesson, chers membres de la famille, chère Marie-Sarah, Mesdames et Messieurs.

«Si claire est l'eau de ces bassins, qu'il faut se pencher longtemps au dessus pour en comprendre la profondeur». Ces mots sont ceux qu'André Gide écrit dans son Journal à propos de la Bruyère.
Ils conviennent particulièrement à Jean d'Ormesson.
Car plus qu'aucun autre il aima la clarté. Celle des eaux de la Méditerranée, dont il raffolait, celle du ciel d'Italie, celle des maisons blanches de Simi, cette île secrète des écrivains. Celle des pentes enneigées et éclatantes où il aimait à skier, comme celles des criques de la côte turque, inondées de soleil.
Ne fut-il pas lui-même un être de clarté?
Il n'était pas un lieu, pas une discussion, pas une circonstance, que sa présence n'illuminât. Il semblait fait pour donner aux mélancoliques le goût de vivre et aux pessimistes celui de l'avenir.
Il était trop conscient des ruses de l'Histoire pour se navrer des temps présents, et sa conversation, elle-même, était si étincelante qu'elle nous consolait de tout ce que la vie, parfois, peut avoir d'amer.
«Cette grâce lumineuse, contagieuse, a conquis ses lecteurs qui voyaient en lui un antidote à la grisaille des jours»
Jean d'Ormesson fut ainsi cet homme entouré d'amis, de camarades, offrant son amitié et son admiration avec enthousiasme, sans mesquinerie. Ce fut un égoïste passionné par les autres. Sans doute son bréviaire secret, était-il Les Copains de Jules Romains, auquel il avait succédé à l'Académie française. Berl, Caillois, Hersch, Mohrt, Déon, Marceau, Rheims, Sureau, Rouart, Deniau, Fumaroli, Nourissier, Orsenna, Lambron ou Baer… je ne peux les citer tous, mais cette cohorte d'amis, ce furent des vacances, des poèmes récités, de la liberté partagée.
Pour ceux qu'il accompagna jusqu'au terme ultime, sa présence et sa parole furent des baumes incomparables. Comme son cher Chateaubriand le disait de Rancé, «on croyait ne pouvoir bien mourir qu'entre ses mains, comme d'autres y avaient voulu vivre».
Cette grâce lumineuse, contagieuse, a conquis ses lecteurs qui voyaient en lui un antidote à la grisaille des jours. Paul Morand disait de lui qu'il était un «gracieux dévorant», rendant la vie intéressante à qui le croisait. C'est cette clarté qui d'abord nous manquera, et qui déjà nous manque en ce jour froid de décembre.
Jean d'Ormesson fut ce long été, auquel, pendant des décennies, nous sommes chauffés avec gourmandise et gratitude. Cet été fut trop court, et déjà quelque chose en nous est assombri.
Mais celui que l'on voyait caracoler, doué comme il l'était pour l'existence et le plaisir, n'était pas le ludion auquel quelques esprits chagrins tentèrent, d'ailleurs en vain, de le réduire.
«Jean d'Ormesson était de ceux qui nous rappelaient que la légèreté n'est pas le contraire de la profondeur, mais de la lourdeur»
La France est ce pays complexe où la gaieté, la quête du bonheur, l'allégresse, qui furent un temps les atours de notre génie national, furent un jour, on ne sait quand, comme frappés d'indignité. On y vit le signe d'une absence condamnable de sérieux ou d'une légèreté forcément coupable. Jean d'Ormesson était de ceux qui nous rappelaient que la légèreté n'est pas le contraire de la profondeur, mais de la lourdeur.
Comme le disait Nietzsche de ces Grecs anciens, parmi lesquels Jean d'Ormesson eût rêvé de vivre, il était «superficiel par profondeur».
Lorsqu'on a reçu en partage les facilités de la lignée, du talent, du charme, on ne devient normalement pas écrivain, on ne se veut pas à toute force écrivain, sans quelques failles, sans quelques intranquillités secrètes et fécondes.
«J'écris parce que quelque chose ne va pas» disait-il, et lorsqu'on lui demandait quoi, il répondait: «Je ne sais pas». Ou, plus évasivement encore: «Je ne m'en souviens plus.» Telle était son élégance dans l'inquiétude.
Et c'est là que l'eau claire du bassin soudain se trouble. C'est là que l'exquise transparence laisse paraître des ombres au fond du bleu cobalt. Un jour vint où Jean-qui-rit admit la présence tenaillante, irréfragable, d'un manque, d'une fêlure, et c'est alors qu'il devint écrivain.
Ses yeux aujourd'hui se sont fermés, le rire s'est tu, et nous voici, cher Jean, face à vous. C'est-à-dire face à vos livres. Tous ceux que vous aviez égarés par vos diversions, que vous aviez accablés de votre modestie, tous ceux à qui vous aviez assuré que vous ne dureriez pas plus qu'un déjeuner de soleil, sont face à cette évidence, dont beaucoup déjà avaient conscience, se repassant le mot comme un secret.
Cette évidence, c'est votre œuvre. Je ne dis pas: vos livres, je ne dis pas: vos romans. Je dis: votre œuvre. Car ce que vous avez construit avec la nonchalance de qui semble ne pas y tenir, se tient devant nous, avec la force d'un édifice où tout est voulu et pensé, où l'on reconnaît à chaque page ce que les historiens de l'art appellent une palette, c'est-à-dire cette riche variété de couleurs que seule la singularité d'un regard unit.
La clarté était trompeuse, elle était un miroir où l'on se leurre, et le temps est venu pour vous de faire mentir votre cher Toulet. «Que mon linceul au moins me serve de mystère», écrivait-il. Votre linceul, lui, désormais vous révèle.
Nous devrons, pour vous entendre, à présent tendre l'oreille, et derrière les accords majeurs nous entendrons, comme chez Mozart, la nuance si profonde des accords mineurs.
Ce que votre politesse et votre pudeur tentaient de nous cacher, vous l'aviez mis dans vos livres. Et ce sont les demi-teintes, le «sfumato» subtil, qui vont à présent colorer la surface claire. Ce sont ces mille couleurs qui flottent comme sur de la «moire» précisément, dont Cocteau parlait en essayant de qualifier les blancs de Cézanne. Nous ne vous découvrirons ni triste, ni sombre, mais derrière votre ardeur nous saurons voir une fièvre, derrière vos plaisirs une insatisfaction, et derrière votre bonheur quelque chose d'éperdu, de haletant, qui nous touche en plein cœur.
«C'est ainsi que vous avez noué avec les Français (...) une relation particulière, une proximité en humanité qui n'était qu'à vous.»
Nous entrerons dans le secret de cette âme qui s'est si longtemps prétendue incrédule pour comprendre qu'elle ne cessa d'embrasser le monde avec une ferveur mystique, débusquant partout, au cœur de son ordre improbable et évident, ce Dieu, au fond si mal caché, dont vous espériez et redoutiez la présence et qui, peut-être, dans quelque empyrée, vous fit enfin: «La fête continue.»
Vous ne nous aviez pas si bien trompés, il est vrai. Nous savons que votre conversation la plus personnelle était réservée à ces écrivains que fascinèrent les mystères du monde, et d'abord l'insondable mystère du temps. Cheminer avec Saint-Augustin, Chateaubriand, Proust, c'est n'être point dupe des arcanes de la vie. S'entretenir par-delà la mort avec Caillois, Berl, ou votre père, c'est frayer dans des contrées parfois austères où vous alliez nourrir la force de vos livres. C'est dans ces confrontations intimes que vous alliez puiser cette énergie incomparable. Contrairement à Chateaubriand, encore lui, qui se désespérait de durer, vous avez cru qu'en plongeant au cœur des abîmes de la vie vous trouveriez la matière revigorante et universelle de livres où chacun reconnaîtrait sa condition, où chacun se consolerait de ses contradictions.
Et pour cela vous avez inventé, presque sans la chercher, cette forme nouvelle tenant de l'essai, de l'entretien, de la confession et du récit, une conversation tantôt profonde, tantôt légère, un art libertin et métaphysique. C'est ainsi que vous avez noué avec les Français, et avec vos lecteurs dans tant de pays, une relation particulière, une proximité en humanité qui n'était qu'à vous.
Le courage de l'absolu dans la politesse d'un sourire.
C'est cela votre œuvre, elle vous lie à Montaigne, à Diderot, à La Fontaine et Chateaubriand, à Pascal et Proust, elle vous lie à la France, à ce que la France a de plus beau et de plus durable: sa littérature.
«Nous vous demandons pardon, Monsieur, de ne pas vous avoir tout à fait écouté, pardon pour cette pompe qui n'ajoute rien à votre gloire»
C'est le moment de dire, comme Mireille à l'enterrement de Verlaine: «Regarde, tous tes amis sont là.» Oui, nous sommes là, divers par l'âge, par la condition, par le métier, par les opinions politiques, et pourtant profondément unis par ce qui est l'essence même de la France: l'amour de la littérature et l'amitié pour les écrivains. Et ce grand mouvement qu'a provoqué votre mort, cette masse d'émotion, derrière nous, derrière ces murs, autour de nous et dans le pays tout entier, n'a pas d'autres causes. À travers vous la France rend hommage à ce que Rinaldi appelait «la seule chose sérieuse en France, si l'on raisonne à l'échelle des siècles».
Évoquant, dans un livre d'entretien, votre enterrement, vous aviez écrit: «À l'enterrement de Malraux, on avait mis un chat près du cercueil, à celui de Defferre c'était un chapeau, moi je voudrais un crayon, un crayon à papier, les mêmes que dans notre enfance. Ni épée, ni Légion d'honneur, un simple crayon à papier.»
Nous vous demandons pardon, Monsieur, de ne pas vous avoir tout à fait écouté, pardon pour cette pompe qui n'ajoute rien à votre gloire. Avec un sourire auriez-vous pu dire peut-être que nous cherchions là à vous attraper par la vanité et peut-être même que cela pourrait marcher.
Non, cette cérémonie, Monsieur, nous permet de manifester notre reconnaissance et donc nous rassure un peu. Du moins puis-je, au nom de tous, vous rester fidèle en déposant sur votre cercueil ce que vous allez et ce que vous aviez voulu y voir, un crayon, un simple crayon, le crayon des enchantements, qu'il soit aujourd'hui celui de notre immense gratitude et celui du souvenir.
Je vous remercie.

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A propos des hommages ...

Hommage national / Hommage populaire


Je regrette ce que j'ai pu écrire sur la différence de traitement entre l'hommage pour J. d'Ormesson et celui de Johnny Hallyday. Il faut parfois reconnaître que l'on s'est trompé. Je craignais la démesure, la grandiloquence, les débordements de foule.
Ce matin et maintenant je n'ai trouvé qu'émotion, dignité, recueillement, beauté des visages, d'une belle famille, d'une si belle foule en totale communion. Je suis ému par ce bel exemple qui me réconcilie avec la foule, avec lesmonde des bikers et des rockers , avec cette foule que l'on appelle le peuple, avec ma génération qui finalement se montre aujourd'hui si belle , si diverse et finalement capable de générosité, d'amour et d'une si grande dignité. Merci Johnny et aussi Laetitia de nous avoir donné ce grand moment de communion.


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samedi 4 novembre 2017

Protestants en fête: Culte du dimanche 29/10/2017


Retransmission en Eurovision du culte du dimanche 29 octobre au Zénith de Strasbourg, à l'occasion de Protestants en fête.

https://www.france.tv/france-2/presence-protestante/301939-culte-protestants-en-fete-depuis-le-zenith-de-strasbourg.html

Nous étions trente-trois membres  des églises du Consistoire Aude-Pyrénées-Orientales (Carcassonne :9; Narbonne: 16; Perpignan, Collioure, Amélie-les-Bains:8)

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vendredi 21 juillet 2017

Prière matinale sur RCF - Pays d'Aude, le vendredi 21/07/2017

Prière matinale à 8h30 tous les jours de lundi à dimanche.
Cette semaine prière animée et méditée par Mauricette et Georges d'Humières



mardi 2 mai 2017

Naissance / Naissença de Louis

Je suis heureux de vous annoncer la naissance de notre 14e petit-enfant: Louis, le 15 avril 2017.
Louis est le segond fils de notre dernière fille Solenne et de son mari Patrick. Pierre est curieux et tendre avec son petit frère.

M'agrada de vos informar de la naissença de nòstre 14en felen, Louis, lo 15 d'abrial de 2017.
Louis es lo filh de nòstra darrièra filha Solenne e de son òme Patrick. Pierre es curiós e tendre amb son pichon fraire.

NB:
Los pichons  noms en òc, Lòis, Pèire, Solèna, Patric.

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lundi 13 février 2017

Jérusalem / Jerusalèm - Ps 137

Psaume / Psalme 137, 5-6

Si je t'oublie, Jérusalem,
Que ma droite m'oublie!

Que ma langue s'attache à mon palais,
Si je ne me souviens de toi,
Si je ne fais de Jérusalem
Le principal sujet de ma joie!

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Se te doblidi, Jerusalèm,
que ma drecha se desseque!

Que  s'apègue ma lenga al paladar
se me soveni pas de tu,
s'ennairi pas Jerusalèm
al pus cap de ma jòia!

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Salme 68 (en occitan): Le psaume des batailles


Lo Salme de la batèstas (bearnés)

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lundi 16 janvier 2017

jeudi 12 janvier 2017

Prière matinale sur RCF Pays d'Aude - Psaume 114


Prière matinale du jeudi 12 janvier 2017

Médidation du psaume 114.

Lien:


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Prière matinale sur RCF Pays d'Aude - Psaume 113


Médiatation psaume 113

Lien:



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Prière matinale sur RCF- Pays d'Aude - Psaume 112

 Voici la prière du mardi 10 janvier 2017

Méditation du psaume 112

Lien:



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Prière matinale sur RCF Pays d'Aude - Psaume 111


Voici le lien pour trouver le premier des enregistrements que Mauricette et moi avons réalisé pour la semaine du 9 au 15 janvier sur RCF Pays d'Aude.

Prière matinale du lundi 9 janvier 2017 -
Méditation du psaume 111.


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